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Les députés démarrent un marathon budgétaire… très physique

Des litres de café, du sport quand c’est possible, et surtout de l’adrénaline: les députés s’apprêtent à plonger dans le « tunnel » de l’examen du budget, jusqu’à Noël, une épreuve très physique, racontent-ils à l’AFP.

« Pour mon dernier budget comme rapporteur général, nous avons passé 250 heures rien qu’en séance », se remémore Valérie Rabault (PS).

Les séances se tiennent souvent du lundi au vendredi soir, jusqu’à 1h du matin quotidiennement, pour les quelques dizaines de députés piliers du budget, sans compter collaborateurs et personnels de l’Assemblée.

« Il faut gérer le sommeil, et se forcer à un peu de sport », conseille cette parlementaire désormais d’opposition.

« Si on est motivé, on tient », assure Eric Alauzet, devenu « marcheur ». Moyennant parfois « une petite sieste » dans les salons jouxtant l’hémicycle, reconnaît-il en saluant ses collègues LREM « endurants car motivés ».

« La niaque, l’envie et le café » font tenir Thomas Mesnier, en lice comme porte-parole du groupe majoritaire pour le budget de la Sécu, l’autre course parallèle.

La plupart carburent au café; Amélie de Montchalin, la cheffe de file LREM, au thé.

Le macroniste Laurent Saint-Martin, 33 ans, se prépare lui à devenir à mi-mandat rapporteur général, une fonction clé où l’on est sans cesse sur le pont. « Ma recette, c’est nuits calmes, ne pas boire et footing obligatoire le week-end », livre-t-il, en jugeant que « le risque n’est pas tant la fatigue physique que l’irritabilité ».


Au Coca zéro, plusieurs anciens préfèrent cependant l’alcool. Et aucune substance illicite: « votre coke, c’est la dépense publique! », lance dans les couloirs une novice à un opposant chevronné.

Charles de Courson (UDI-Agir), qui en est à sa « 26e loi de finances initiale », ne se lasse pas. « Et comme je suis un vieux célibataire, je me fais pas engueuler en rentrant ». Le député de la Marne, 66 ans, a acquis un pied-à-terre parisien, quand d’autres regagnent leurs bureaux-couchettes.

Marie-Christine Dalloz (LR) souligne aussi la « concentration longue » nécessaire, alors que d’ordinaire, « un député dans la journée passe sans cesse d’un sujet à l’autre ». « C’est passionnant: chaque ligne du budget aura un impact sur les ménages, les entreprises », retient-elle.

« C’est le marathon depuis des mois », lâche l’Insoumis Eric Coquerel, qui « tourne » avec les 16 collègues de son groupe et aimerait suivre « un entraînement ».

Gilles Carrez, ex-président de la commission des Finances qui a aussi été rapporteur général durant dix ans, estime que « c’est devenu trop long » du fait d’une « débauche d’amendements » – plus de 2.000 pour la première lecture à partir de lundi.

« Le moment le plus dangereux est la 2e lecture car le Sénat a alors modifié le texte et il faut faire des suppressions de suppressions », avertit Valérie Rabault. « Et il y a déjà eu des accidents »… mais purement législatifs.

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