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Les exigences très concrètes des victimes de l’Eglise

Les victimes du clergé réclament des mesures très concrètes en matière de protection des mineurs contre les agressions sexuelles dans les rangs de l’Eglise, à l’instar de plusieurs commissions d’enquête.

Avant la réunion des présidents des épiscopats mondiaux au Vatican, convoquée du 21 au 24 février par le pape François, voici quelques-unes de leurs requêtes:

– Renvoi immédiat des agresseurs et de leurs protecteurs

– « La tolérance zéro pour les abus sexuels perpétrés par des ecclésiastiques doit être inscrite par écrit dans la loi universelle de l’Eglise avant la fin de la réunion » et cette obligation doit s’appliquer au niveau mondial, souhaite ECA (« Ending clerical abuse », Mettre fin aux abus du clergé), une organisation de défense des victimes présente dans 17 pays.

– Il faut « renvoyer tout évêque ou cardinal impliqué dans la couverture d’agressions sexuelles du clergé », stipule l’association américaine Snap (« Survivors network of those abused by priests », réseau de survivants d’agressions sexuelles par des prêtres). Cela doit aussi s’appliquer aux supérieurs d’ordres religieux et à toute personne ayant une responsabilité dans une église, précise ECA.

– Définir l’agression sexuelle sur mineur

– « Une définition claire » de l’agression sexuelle sur mineur est nécessaire pour aider les dirigeants de l’Eglise, dit Marie Collins, une victime irlandaise qui a siégé dans la commission anti-pédophilie du Vatican avant de démissionner avec fracas en 2017. Elle critique « une vague loi canon parlant de +délits contre le sixième commandement du décalogue+ », ajoutant: « Ceci n’est pas une définition claire ».

– Mettre fin au secret


– Les prêtres coupables d’avoir agressé des enfants doivent figurer dans « un registre public », plaide ECA. L’organisation réclame aussi « une commission vérité indépendante au Vatican » rendant publiques des archives de l’Eglise, en commençant par celles du Saint-Siège.

– Il faut « obliger les évêques du monde entier à remettre leurs dossiers à la justice civile pour des enquêtes indépendantes sur leur gestion des cas d’agressions sexuelles du clergé », propose Snap.

– « Toute condamnation de membres de l’Eglise doit être rendue publique », en précisant bien la nature du crime et de la peine, souhaite Marie Collins.

– Débattre du célibat

– Des chercheurs d’universités allemandes, qui ont révélé en septembre 2018 dans un rapport commandé par l’épiscopat des agressions sexuelles sur des milliers enfants pendant des décennies en Allemagne, veulent que soit étudiée la corrélation éventuelle du célibat des prêtres. Le président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, encourage aussi une discussion transparente et sans tabou sur le célibat.

– Le Vatican doit instaurer un célibat volontaire et non plus obligatoire pour les prêtres, a proposé de manière plus tranchée la Commission d’enquête royale sur les réponses institutionnelles aux crimes de pédophilie en Australie (décembre 2017).

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