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Les grandes étapes des affaires Benalla

Depuis l’été 2018, les affaires liées à Alexandre Benalla, ex-chargé de mission à l’Elysée, ébranlent Emmanuel Macron alors que le parquet de Paris a annoncé lundi l’ouverture de deux nouvelles enquêtes préliminaires.

– Violences –

Le 18 juillet 2018, Le Monde révèle qu’un homme filmé en train de frapper un jeune homme et de malmener une jeune femme à Paris, lors des manifestations du 1er mai, est « un proche conseiller du président de la République ».

Selon le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, il s’agit d’Alexandre Benalla, « chargé de mission » pour la sécurité à l’Élysée et officiellement parmi les policiers ce jour-là, en simple « observateur ». Il dit l’avoir suspendu durant 15 jours après avoir vu les images en mai.

La justice ouvre une enquête, l’opposition dénonce un « scandale d’État ». Deux motions de censure sont rejetées fin juillet. Le gouvernement suspend l’examen au Parlement de la réforme constitutionnelle.

Alexandre Benalla est licencié par l’Élysée et mis en examen le 22 juillet, notamment pour « violences en réunion ».

Deux commissions d’enquête se mettent en place, une à l’Assemblée (elle explosera le 26 juillet avec le retrait des députés d’opposition), l’autre au Sénat.

Benalla est à nouveau mis en examen le 29 novembre pour d’autres violences du 1er mai à Paris.

– Passeports diplomatiques –

L’affaire rebondit en décembre lorsque La Lettre du Continent, puis Le Monde, révèlent un voyage de M. Benalla au Tchad au début du mois où il a rencontré le président Idriss Déby, trois semaines avant une visite d’Emmanuel Macron à N’Djamena.

Selon Mediapart et Le Monde, M. Benalla a utilisé l’un de ses deux passeports diplomatiques pour entrer dans plusieurs pays africains.

Auditionné au Sénat en septembre, M. Benalla avait pourtant affirmé avoir laissé ces passeports dans son bureau de l’Élysée. Il assurera lors d’une nouvelle audition le 21 janvier qu’ils lui ont été rendus par un « personnel salarié de l’Élysée » avec ses effets personnels, début octobre.

Dans un entretien à Mediapart le 31 décembre, M. Benalla affirme avoir continué à échanger régulièrement avec le président Macron depuis son licenciement, via la messagerie Telegram. Selon l’Élysée, le chef de l’État ne lui a répondu que « deux fois, de manière laconique ».


Le 18 janvier 2019, M. Benalla est mis en examen pour usage abusif de ses passeports diplomatiques.

– Conversation privée –

Le 31 janvier, Mediapart diffuse des enregistrements d’une conversation entre M. Benalla et Vincent Crase, ex-employé de LREM, également mis en examen pour les violences du 1er mai. Ils se sont rencontrés en juillet alors que la justice leur avait interdit tout contact.

Le 7 février, la cheffe de la sécurité du Premier ministre, Marie-Élodie Poitout, démissionne après des rumeurs selon lesquelles cette conversation aurait eu lieu chez elle. Elle affirme n’avoir « aucun lien avec les enregistrements ».

Le même jour, la justice indique avoir ouvert une enquête sur un contrat de sécurité signé entre la société de M. Crase et un oligarque russe. Selon Mediapart, ce contrat a été « négocié » par M. Benalla, du temps où il était encore à l’Élysée.

– 7 jours de détention –

MM. Benalla et Crase sont placés en détention provisoire le 19 février pour ne pas avoir respecté leur contrôle judiciaire. Ils obtiendront leur remise en liberté une semaine plus tard.

Le 20 février, la commission d’enquête du Sénat dénonce des « dysfonctionnements majeurs » au sommet de l’Etat. Elle demande que la justice soit saisie des « faux témoignages » des deux hommes et relève « omissions » et « incohérences » dans les déclarations de collaborateurs du chef de l’État.

Le 20 mars, M. Benalla est à nouveau mis en examen, concernant d’autres violences le 1er mai, et un selfie le montrant brandissant une arme dans un restaurant de Poitiers en avril 2017.

– Le Sénat saisit la justice –

Le 21 mars, le bureau du Sénat transmet à la justice les cas de MM. Benalla, Crase et Strzoda, pour suspicion de faux témoignages devant la commission d’enquête. Il invoque aussi la liste des « incohérences » et « contradictions » dans les déclarations d’autres proches d’Emmanuel Macron, dont le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de la présidence.

A la suite de ces signalements, le parquet de Paris ouvre le 8 avril deux enquêtes préliminaires: une pour suspicion de « faux témoignages » visant MM. Benalla, Crase et Strzoda et l’autre pour soupçon de manquement aux obligations en matière de déclaration auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.



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