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Les grandes vagues de chaleur en France depuis l’été 1976

La France, qui s’apprête à vivre à partir de dimanche une vague de chaleur intense, a déjà connu plusieurs épisodes de canicule ces cinquante dernières années, comme celui mémorable de l’été 1976 ou la canicule meurtrière d’août 2003.

Le terme canicule désigne, selon Météo-France, « un épisode de températures élevées, de jour comme de nuit, sur une période prolongée ». Les seuils ne sont pas les mêmes d’une région à l’autre et la chaleur doit durer au moins trois jours.

– La fournaise de 76 –

De fin juin à la mi-juillet 1976, tous les records de chaleur sont battus. Il faut remonter jusqu’en 1921 pour trouver de semblables conditions météorologiques.

En termes d’impact sanitaire, une vingtaine de départements voient leur mortalité s’élever de près de 10%, selon Météo-France.

L’absence prolongée de pluie est désastreuse pour l’agriculture. L’indemnisation des victimes de la sécheresse est financée en partie par une majoration exceptionnelle de l’impôt sur le revenu, baptisée « l’impôt-sécheresse ».

– 1983 : chaleur intense –

Une vague de chaleur intense s’abat sur la France entre le 9 et le 31 juillet 1983. Des pics sont enregistrés le 11 juillet à Nantes, Cognac (36°) et Carcassonne (35°). À Paris, il fait 33°.

La surmortalité sur l’ensemble de la France s’élève à 4.700 cas pour juin et juillet dont 300 décès dans la seule région de Marseille, imputables directement ou indirectement à la chaleur.

– 2003 : été meurtrier –

La canicule fait 15.000 morts entre le 4 et le 18 août 2003, particulièrement dans la région Centre et en Ile-de-France. Sur l’ensemble de l’été, le nombre des morts causés par la chaleur atteint 19.490 en France, selon une étude bilan publiée en 2007 par l’Inserm.


L’été 2003 est le plus chaud jamais observé depuis le début de la mise en place d’un réseau d’observation en France. Des records sont enregistrés à Toulouse, Bordeaux, Limoges et Montauban, avec plus de 40 degrés le 4 août.

La chaleur met en évidence des dysfonctionnements des services de santé et l’isolement des personnes âgées, principales victimes de la canicule.

L’urgentiste Patrick Pelloux dénonce le 10 août la gestion de la canicule dans les hôpitaux. Le 18, le directeur général de la Santé Lucien Abenhaïm, dont les services sont mis cause par le ministre Jean-François Mattei, démissionne.

Le ministre lui-même sera remplacé en mars 2004 par Philippe Douste-Blazy qui élabore un « plan canicule ». Celui-ci sera, dès lors, opérationnel tous les étés pour protéger les personnes âgées, handicapées, sans domicile et les très jeunes enfants.

– 2006 : chaleur en juillet –

Une vague de chaleur frappe la France du 10 au 28 juillet : la basse vallée du Rhône est la plus affectée, la mer atteint 30 degrés à Marseille. La chaleur aurait entraîné une surmortalité de plus de 2.000 décès en France, selon Météo-France/Inserm.

– 2015 : trois épisodes –

Trois épisodes de canicule entre le 29 juin et le 9 août 2015 entraînent 3.300 décès supplémentaires par rapport à un été normal (chiffre de InVs aujourd’hui Santé Publique France).

– 2018 : 1.500 morts –

La France connaît une vague de chaleur du 24 juillet au 8 août 2018 et l’été 2018 se classe en moyenne comme le deuxième plus chaud de l’histoire de France, derrière 2003, selon Météo-France. La canicule de 2018 provoque environ 1.500 morts de plus qu’un été normal.



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