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Les indépendantistes catalans en prison interrompent leur grève de la faim

Quatre indépendantistes catalans, incarcérés dans l’attente du procès pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017, ont arrêté leur grève de la faim entamée début décembre, a annoncé jeudi leur porte-parole.

Jordi Sanchez, ex-président de l’influente association séparatiste ANC, Jordi Turull, Josep Rull et Joaquim Forn, trois anciens membres du gouvernement catalan de Carles Puigdemont, avaient entamé cette grève de la faim pour dénoncer l' »injustice » dont ils s’estiment victimes de la part de la justice espagnole.

MM. Turull et Sanchez avaient commencé leur grève le 1er décembre et MM. Rull et Forn, emprisonnés comme eux à Lledoners près de Barcelone, les avaient rejoint le 4.

« La décision d’arrêter leur grève de la faim a été prise car ils considèrent que leurs objectifs ont été atteints, a savoir la prise de conscience (de leur situation) et le fait de secouer le Tribunal Constitutionnel pour qu’il donne une réponse aux recours présentés », a déclaré leur porte-parole devant la presse à Barcelone.

Les grévistes accusaient en effet le Tribunal Constitutionnel de bloquer leurs recours afin de les empêcher de se tourner vers la justice européenne pour dénoncer les atteintes dont ils s’estiment victimes en Espagne.

Durant la grève, ce Tribunal a rejeté deux de leurs recours concernant leur détention provisoire et la suspension du poste de député régional de certains d’entre eux. Un rejet qui va leur permettre de porter leur cas devant la Cour européenne des droits de l’homme, a expliqué leur porte-parole.


L’arrêt de cette grève de la faim, à la veille d’une journée de mobilisation indépendantiste contre une réunion du gouvernement espagnol délocalisée à Barcelone, intervient par ailleurs après un appel à cesser le mouvement lancé notamment par Carles Puigdemont dans une lettre diffusée mercredi.

Dans cette lettre, M. Puigdemont et d’autres anciens présidents régionaux catalans disaient comprendre « que la grève de la faim (ait) donné de la visibilité à leur situation » mais appelaient les quatre indépendantistes à « sauvegarder (leur) droit à la vie et à la santé » et à « garantir (leur) participation » au futur procès.

Leur procès est attendu à Madrid début 2019. Au total, 18 dirigeants indépendantistes seront jugés, dont neuf accusés de rébellion comme les quatre grévistes.

Le parquet a requis début novembre de lourdes peines de prison à leur encontre allant jusqu’à 25 ans dans le cas de l’ancien vice-président catalan Oriol Junqueras, lui aussi emprisonné à Lledoners.

Carles Puigdemont, installé en Belgique depuis fin octobre 2017, est également accusé de rébellion par la justice espagnole mais ne sera pas jugé, l’Espagne ne jugeant pas en absence.

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