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Les moments-clés du procès Nemmouche

Le procès du jihadiste français Mehdi Nemmouche, accusé du quadruple assassinat commis le 24 mai 2014 au Musée juif de Bruxelles, va connaître son dénouement.

Voici quatre moments-clés de l’audience avant le verdict attendu jeudi sur la culpabilité:

– Les journalistes otages –

C’est l’accusation qui souhaitait la présence aux assises de quatre ex-otages français du groupe Etat islamique (EI) en 2013 à Alep (Syrie), une séquestration qui fait l’objet d’une procédure judiciaire distincte en France.

Le 7 février, seuls Nicolas Hénin et Didier François font le déplacement à Bruxelles. Ils détaillent plusieurs heures durant les sévices endurés pendant leur captivité et l’attitude « brutale » de Mehdi Nemmouche en qui ils ont reconnu un de leurs geôliers.

Une personnalité « sadique, ludique et narcissique », dit Nicolas Hénin.

L’accusé, généralement impassible, sourit quand Didier François évoque la familiarité avec laquelle ce dernier l’appelle un jour « mon petit Didier ».

Sur le banc des avocats des victimes du musée, on y voit la preuve qu’il a bien été geôlier et combattant pour le compte de l’EI, alors qu’il ne l’a jamais reconnu.

« Le tournant du procès » pour Me Michèle Hirsch, qui représente une partie civile.

– Les images de garde à vue –

Affalé sur une chaise, bras croisés, sourire narquois, Mehdi Nemmouche snobe les policiers en répétant une énième fois: « Droit au silence ! ».

Le 1er février, la projection à l’audience des images du suspect en garde à vue, après son arrestation à Marseille le 30 mai 2014 en possession des armes utilisées –un revolver et un fusil d’assaut de type Kalachnikov – sidère les parties civiles.

Ces vidéos « transpirent la culpabilité », dénonce l’avocat qui défend le Musée juif.

Comment y reconnaître « quelqu’un accusé à tort de quatre assassinats terroristes ? », lance un des avocats généraux.

Mehdi Nemmouche répond à nouveau qu’il n’a « aucune déclaration à faire », son attitude depuis l’ouverture des débats, en raison d’une prétendue partialité des juges.


Lui parle d' »un pseudo-attentat », affirme qu’il a été « piégé ».

– Les orphelines Riva –

Quand Ayalet et Shira Riva, 19 et 21 ans, s’installent face à la cour le 31 janvier, la salle retient son souffle.

Elles sont les filles de Miriam et Emmanuel Riva, 53 et 54 ans, les deux premières des quatre victimes, deux Israéliens abattus chacun d’une balle dans la nuque à bout pourtant.

Les époux Riva sont omniprésents dans les débats car pour innocenter Nemmouche, ses avocats les désignent comme des « agents du Mossad » (les services secrets israéliens) qu’un tueur professionnel serait venu exécuter de façon « ciblée » au Musée juif. Une théorie « complotiste » qui ulcère les parties civiles.

A la barre, les deux jeunes femmes racontent en peu de mots une vie dévastée par l’absence. « On a volé leur enfance en les forçant à grandir beaucoup trop tôt », commente un de leurs conseils.

– La plaidoirie de l’avocat Courtoy –

Dès le début du procès, Me Sébastien Courtoy, avocat vedette de Nemmouche, a soutenu la thèse d’un « piège » tendu à son client, qui en tant que jihadiste de retour de Syrie aurait « le profil idéal » pour se faire accuser d’une telle tuerie.

Sa plaidoirie, le 28 février, est le moment que tout le monde attend pour savoir quelles preuves il va brandir.

Ce matin-là, Me Courtoy affirme pour la première fois que d’autres hommes oeuvrant pour « des services » étrangers ont eu accès à l’appartement bruxellois loué par Nemmouche avant l’attaque, et à son ordinateur, afin de l’incriminer.

L’avocat rejette les preuves réunies par l’accusation (qui a recensé 23 éléments à charge), répète que l’enquête a été « manipulée ».

Mais en fin de journée, au bout d’un exposé décousu de plus de sept heures, il n’a apporté aucun élément concret sur ces « services », libanais ou iraniens dit-il, qui auraient organisé l’exécution au musée.

Invités à répliquer, les avocats des parties civiles fustigeront « une défense pourrie », « honteuse », un scénario « délirant ».

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