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Les options post-Brexit pour la relation Royaume-Uni-UE

La cheffe du gouvernement britannique Theresa May affirme vouloir garder les liens les plus étroits possibles avec l’Union européenne après le Brexit, une ambition qui se heurte aux limites que Bruxelles et elle-même ont fixées.

L’UE envisage un partenariat à la norvégienne ou un accord de libre-échange avancé comme celui avec le Canada, des options rejetées par Mme May qui insiste pour avoir son accord « sur mesure » tandis que ses ministres se déchirent sur le degré d’intimité qu’il faudra conserver avec Bruxelles.

Alors que la dirigeante réunit son gouvernement vendredi pour tenter d’aboutir un compromis en interne avant la publication prévue jeudi des détails de sa proposition, voici les options existantes.

L’option norvégienne

La Norvège bénéficie d’une relation économique et commerciale très poussée avec l’UE, en tant que membre de l’Espace économique européen (EEE).

Elle a accès au marché unique et doit respecter la liberté de circulation des personnes, des services, des biens et des capitaux, mais sans avoir son mot à dire. Les produits de l’agriculture et de la pêche ne font pas partie de l’accord.

Au-delà des seules relations commerciales, la Norvège s’est alignée sur les règles communautaires en matière d’aides d’État, de concurrence ou de marchés publics.

Elle ne fait néanmoins pas partie de l’Union douanière.

Ce modèle a été rejeté par le gouvernement britannique, qui s’oppose à la libre-circulation des personnes et refuse de reconnaitre la Cour de justice de l’UE.

Un accord « à la canadienne »

Etant donné les « lignes rouges » fixées par Londres -pas de marché unique, ni d’Union douanière- l’UE a annoncé que l’accord de libre-échange conclu avec le Canada, le CETA, pourrait servir de modèle à la future relation.

Cet accord ne se contente pas de supprimer les droits de douane: il met en place des normes communes en matière de santé, d’appellations d’origine contrôlées ou encore de marchés publics.

Un tel accord avec les Britanniques réduirait considérablement leur proximité avec l’UE, et pourrait, comme avec le Canada, nécessiter des années de négociations pour s’entendre sur un degré de coopération et le niveau des droits de douanes.


Mais Londres souhaite un accord « plus ambitieux » que celui avec le Canada, pour inclure les services financiers, une option rejetée par Bruxelles.

L’apparition de droits de douane entre Britanniques et Européens pose par ailleurs un énorme problème à l’Irlande, toujours membre de l’UE, qui tient à ce que sa frontière avec l’Irlande du Nord, province du Royaume-Uni, ne devienne pas une frontière physique.

Le compromis de May

Theresa May songe à un nouvel accord douanier selon lequel le Royaume-Uni appliquerait aux biens transitant sur son territoire et à destination de l’UE les règles et les droits de douanes fixés par Bruxelles pour le commerce avec les pays tiers. Les sommes collectées par les douaniers britanniques seraient ensuite reversées à l’UE.

Le Royaume-Uni pourrait fixer ses propres droits de douanes pour les marchandises à destination de son territoire.

Le centre de réflexion Centre for European Reform a proposé une solution similaire dite de Jersey, qui reproduirait les facilités accordées à cette île anglo-normande.

Cela consisterait à maintenir le Royaume-Uni au sein de l’union douanière pour la circulation des biens et des capitaux, mais exclurait les services et la libre circulation des personnes.

Les seules règles de l’OMC

En cas d’échec des négociations, le Royaume-Uni deviendrait du jour au lendemain un pays tiers aux yeux de l’UE. Leur relation ne serait alors plus régie que par les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Ces règles par défaut impliquent des droits de douane et des barrières au commerce qui entraveraient les échanges entre Londres et le continent.

La London School of Economics (LSE) estime dans une étude que ce scénario réduirait de 40% le commerce du Royaume-Uni avec l’UE sur 10 ans.


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