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Les réfugiés camerounais au Nigeria ont franchi le seuil de 30.000 (HCR)

Le nombre de réfugiés camerounais ayant fui la violence sécessionniste dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, pour trouver refuge au Nigeria voisin, a franchi le seuil des 30.000 personnes, selon une déclaration du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) reçue lundi par APA.Environ 21.000 de ces réfugiés vivent au sein de communautés d’accueil dans plus de 50 localités, éparpillées sur 116.000 kilomètres carrés, alors que plus de 9000 d’entre eux ont été transférés dans de nouvelles installations où ils reçoivent des appuis divers, y compris une allocation d’aide en espèces dans certains cas.

Selon le HCR, les réfugiés camerounais sont hébergés dans les États nigérians d’Akwa Ibom, Cross River, Benue et Taraba, où la plupart sont accueillis au sein des communautés locales, 48% d’entre eux sont en âge scolaire sans pour autant être scolarisés, depuis plus de deux ans pour beaucoup d’entre eux.

Dans le même temps, l’institution onusienne facilite la relocalisation, librement consentie, de réfugiés depuis les points de passage frontaliers vers les nouvelles installations d’Adagom (Cross River) et d’Anyake (Benue), qui offrent une plus grande sécurité et des abris de meilleure qualité, ainsi qu’un accès à des services essentiels tels que les vivres, les soins de santé et l’éducation.

«Beaucoup disent avoir reçu l’ordre de quitter leurs maisons dans un contexte de violence accrue au sein de leurs localités», affirme l’institution, sans toutefois préciser si ledit ordre émane des activistes séparatistes ou de l’armée régulière.

Les postes-frontières officiels demeurant fermés, le HCR et ses partenaires, selon la déclaration, sont présents dans les zones frontalières du côté nigérian, à proximité de la plupart des points de passage informels, les plus empruntés, aux fins d’évaluer la situation ainsi que les besoins des nouveaux arrivants, qui «sont toutefois loin d’être satisfaits» malgré les efforts.


La saison des pluies et le mauvais état des routes dans les régions reculées, s’inquiètent les humanitaires, compliquent très sérieusement l’apport d’aide aux réfugiés en dehors des nouvelles installations, les besoins s’avérant importants en nourriture, abris, eau et assainissement.

À l’intérieur même du Cameroun, où les déplacés de la crise anglophone sont estimés à 436.000, l’accès aux régions touchées du Nord-Ouest et du Sud-Ouest est extrêmement limité, et les agences humanitaires discutent avec le gouvernement de la nécessité d’améliorer l’accès à ces nécessiteux.

Depuis début 2018, affirme le HCR, s’appuyant sur les données des groupes de défense des droits humains, environ 400 civils, ont été tués dans l’escalade des attaques entre les groupes séparatistes et les forces gouvernementales.



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