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Les Vénézuéliens attendus dans la rue, test sur la détermination des anti-Maduro

Les Vénézuéliens étaient appelés samedi par le chef de l’opposition Juan Guaido à sortir dans la rue pour dénoncer l’offensive du pouvoir visant les responsables du soulèvement manqué contre Nicolas Maduro.

Ces manifestations devraient permettre à l’opposition de compter ses rangs, plus de trois mois et demi après que Juan Guaido s’est proclamé président par intérim.

Les adversaires du régime veulent reprendre l’initiative après les mesures prises par le pouvoir contre plusieurs députés. L’un a été incarcéré, trois se sont réfugiés dans des ambassades et un autre a fui pour la Colombie.

Le pouvoir vénézuélien a poursuivi vendredi ses attaques contre les « traîtres » à l’origine de la tentative de sédition. Nicolas Maduro a accusé son ancien chef du renseignement d’avoir « coordonné » ce soulèvement avorté en tant que « taupe de la CIA ».

« Nous avons réussi à prouver » que Christopher Figuera avait « été recruté par la CIA il y a plus d’un an et qu’il travaillait comme traître, comme taupe, comme infiltré » au sommet du Sebin, le service du renseignement vénézuélien, a tonné M. Maduro dans une allocution à la télévision, sans toutefois fournir de preuves.

Pour le président vénézuélien, le général Figuera « a coordonné le coup d’Etat » manqué, auquel avait appelé le chef de file de l’opposition Juan Guaido au matin du 30 avril.

Depuis, le général Figuera a fait défection, comme l’a annoncé mardi le vice-président américain Mike Pence.

Sur le plan judiciaire, dix députés d’opposition sont inculpés de « haute trahison » et de « complot ».

Le plus emblématique d’entre eux est le vice-président de l’Assemblée nationale Edgar Zambrano. Le bras droit de Juan Guaido a été arrêté et emprisonné, a indiqué la Cour suprême.

L’Assemblée nationale est la seule institution aux mains des adversaires de M. Maduro. Mais depuis trois ans, l’exécutif ne respecte plus aucune de ses décisions, lui préférant l’Assemblée constituante, composée uniquement de fidèles du pouvoir.


– « Statu quo » –

Le gouvernement qualifie les efforts de Juan Guaido pour déloger Nicolas Maduro du pouvoir de tentative de « coup d’Etat » soutenue par l’administration du président américain Donald Trump.

La Marine vénézuélienne a par ailleurs dénoncé vendredi une incursion d’un navire de guerre américain dans sa zone économique exclusive, près de sa frontière maritime.

« Il est probable que le statu quo se poursuive », estime dans une note Moises Rendon, du Center for Strategic and International Studies à Washington. Selon lui, Nicolas Maduro risque d’être « plus isolé que jamais aux plans diplomatique et économique », mais « les pressions externes et internes n’ont pas suffi à le convaincre, lui et son entourage, de négocier sa sortie ».

Juan Guaido est reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis. Le gouvernement vénézuélien a quant à lui, entre autres, le soutien de la Russie, de l’Iran et de Cuba, son plus proche allié dans la région.

Face à ce bloc, « l’empire » américain que Nicolas Maduro n’a de cesse de railler a pris de nombreuses sanctions à son encontre et de hauts responsables civils et militaires. La plus significative est un embargo sur le pétrole vénézuélien, poumon économique du pays.

Au nombre des contempteurs du président vénézuélien se trouve également son homologue brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro. En février, Caracas avait fermé sa frontière avec son grand voisin, au moment où l’opposition tentait de faire entrer de l’aide humanitaire.

Vendredi, le vice-président vénézuélien chargé de l’Economie Tareck El Aissami a annoncé la réouverture de la frontière, ainsi que celle avec Aruba, une île néerlandaise située face aux côtes vénézuéliennes. Dans la journée, le Brésil a fait savoir que la réouverture de la frontière était effective.

Les frontières avec la Colombie et les autres îles néerlandaises (Bonaire et Curaçao) restent en revanche fermées.

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