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L’ex-avocat de Trump Michael Cohen, qui charge son ancien patron, condamné à 3 ans

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L’ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, a été condamné mercredi à trois ans de prison par un juge fédéral de Manhattan, après avoir à nouveau chargé le président américain en affirmant avoir « couvert ses sales coups ».

Avant que la peine ne soit prononcée, M. Cohen avait pris la parole et expliqué d’une voix étranglée avoir eu tort de se compromettre au service de Donald Trump, pour lequel il a été un véritable homme à tout faire durant plus d’une décennie.

L’homme de 52 ans, qui a obtenu de ne servir sa peine qu’à partir du 6 mars, a évoqué un récent tweet de Donald Trump l’accusant d’être « faible ».

« Il avait raison mais pour une autre raison: je pensais que c’était mon devoir de couvrir ses sales coups plutôt que d’écouter ma conscience », a déclaré l’ex-conseil du président.

C’est une nouvelle attaque frontale contre le président des Etats-Unis, qui cherche depuis des mois à discréditer son ancien avocat, le qualifiant de menteur et d’opportuniste.

Il a été condamné notamment pour avoir acheté, à la demande du milliardaire, le silence de deux femmes affirmant avoir eu une liaison avec lui. Cette transaction intervenue pendant la campagne présidentielle est considérée comme un financement électoral illégal.

Des différents collaborateurs de Donald Trump épinglés par la justice ces derniers mois, est le seul à avoir appartenu à la garde rapprochée du président, ce qui fait planer une menace directe sur le chef de l’Etat.

Lui qui fut dix ans durant vice-président de la Trump Organization et l’un des principaux hommes de confiance du milliardaire new-yorkais a opéré en quelques mois un retournement de veste spectaculaire.

Après une perquisition dans ses bureaux et de son domicile new-yorkais en avril, il a fini par passer aux aveux alors que se profilait la perspective d’une longue peine de prison et que Donald Trump prenait ses distances avec lui.

Il a reconnu en août avoir caché au fisc quelque quatre millions de dollars de revenus de ses sociétés de taxis et avoir payé 280.000 dollars à Stormy Daniels et Karen McDougal, qui menaçaient d’évoquer en pleine campagne présidentielle leur liaison supposée avec Donald Trump.

En novembre, il a aussi avoué avoir minimisé devant le Congrès l’ampleur des contacts de l’équipe de campagne de M. Trump avec Moscou.

– « Mensonges » –

Alors que les démocrates reprendront la majorité à la Chambre des représentants en janvier et que les anti-Trump cherchent comment neutraliser ou écourter sa présidence, M. Cohen est devenu un anti-héros ultra-médiatisé.


Toutes ses comparutions et déclarations sont considérées comme potentiellement explosives car pouvant impliquer le président.

Fin août, Michael Cohen a notamment affirmé que les versements à Stormy Daniels et Karen McDougal avaient été effectués à la demande du milliardaire « pour influencer l’élection ».

En avouant en novembre avoir menti sur le calendrier et la nature des contacts qu’il avait eus avec des Russes durant la campagne, l’avocat a aussi écorné la défense de Donald Trump qui assure n’avoir rien à cacher sur ses liens avec la Russie.

Dans leurs recommandations au juge, les procureurs fédéraux new-yorkais –qui ont enquêté sur les volets de fraude fiscale et de paiements aux maîtresses présumées– avaient estimé que l’avocat et homme d’affaires n’avait pas suffisamment coopéré avec eux pour bénéficier d’une peine substantiellement inférieure à celle recommandée pour ce type de délits, à savoir quatre à cinq ans de prison.

Ils reprochaient aussi à Michael Cohen de minimiser encore la gravité de ses actes, empreints de « tromperie systématique ».

En payant pour acheter le silence de maîtresses présumées de l’ancien magnat de l’immobilier, via des sociétés-écrans, « il a trompé les électeurs en cachant des allégations dont il pensait qu’elles pourraient avoir un effet notable sur l’élection » présidentielle, et a enfreint « l’un des principes fondamentaux des lois électorales américaines: la transparence », ont-ils souligné.

Et s’il a finalement fourni des informations sur les contacts entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie au procureur spécial Robert Mueller –chargé de l’enquête sur ce dossier explosif–, c’est moins par « conviction personnelle » que parce qu' »il savait qu’il était sous menace imminente d’inculpation » à New York, ont-ils souligné.

– « Informations pertinentes » –

Mais Michael Cohen a tout de même obtenu une peine réduite pour avoir aidé Robert Mueller.

Le procureur spécial a estimé que ce père de deux enfants étudiants avait fait « des efforts importants » pour corriger ses déclarations mensongères au Congrès. Et qu’il avait apporté des « informations vraies et pertinentes » touchant au coeur de l’enquête russe, dont beaucoup se demandent si elle débouchera prochainement sur l’inculpation d’un membre de la famille du président, comme son fils aîné Donald Junior ou son gendre Jared Kushner.

Reste à savoir si Donald Trump se satisfera de cette condamnation.

Dans un tweet début décembre, il avait émis l’espoir que celui qui l’a trahi écope d’une « longue peine de prison ».

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