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L’expert de l’ONU Moncef Kartas a quitté la Tunisie, selon Berlin

L’expert de l’ONU germano-tunisien Moncef Kartas, accusé d’espionnage en Tunisie et libéré mardi après presque deux mois de prison, a quitté ce pays, a indiqué mercredi à des journalistes l’ambassadeur allemand aux Nations unies, Christoph Heusgen.

« Il est en sécurité » et « il a quitté la Tunisie », a-t-il dit, tout en refusant de dire s’il se trouvait en Allemagne.

L’ambassadeur allemand a souligné que l’arrestation de Moncef Kartas, membre d’un groupe d’experts de l’ONU chargé d’enquêter sur les violations de l’embargo sur les armes décrété pour la Libye, s’était déroulée en dépit de son « immunité » diplomatique.

« Pour lui, être arrêté et gardé en prison pour plusieurs semaines était une violation d’obligations internationales » et « des règles de l’ONU » par la Tunisie, a insisté Christoph Heusgen. « C’est quelque chose qui ne doit pas se reproduire », notamment de la part « d’un pays qui cherche à faire partie du Conseil de sécurité ».

Interrogé pour savoir si l’Allemagne voterait pour la Tunisie le 7 juin lors de l’élection de cinq nouveaux membres du Conseil de sécurité par l’Assemblée générale de l’ONU pour la période 2020-2021, il a répondu qu’il s’agissait d’un « vote secret ».

Moncef Kartas avait été arrêté fin mars à son arrivée en Tunisie et accusé d’espionnage.


Après une intense pression exercée par l’ONU qui n’a cessé de dire qu’il était protégé par l’immunité diplomatique attribuée à ses experts, il a été remis mardi en liberté provisoire sans interdiction de sortie de territoire. Il reste poursuivi en Tunisie pour avoir « collecté des informations en relation avec le terrorisme de façon non officielle », selon la justice tunisienne.

Selon sa défense, il a été arrêté en possession d’un appareil « donnant accès aux données publiques concernant les vols d’avions civils et commerciaux », l’équivalent des informations diffusées par des sites comme FlightRadar.

Cet appareil, un RTL-SDR, soumis à une autorisation en Tunisie, lui servait « uniquement pour la surveillance du trafic aérien à destination de la Libye, afin d’identifier les vols susceptibles d’être liés à des violations de l’embargo sur les armes », avait expliqué Sarah Zaafrani, son avocate.

Cette affaire a considérablement affecté ces dernières semaines les relations de l’ONU avec la Tunisie et sa candidature unique au nom de l’Afrique au Conseil de sécurité est désormais en jeu, selon plusieurs diplomates.



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