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L’Iran, grande puissance chiite du Moyen-Orient

L’Iran, qui entame vendredi le début des cérémonies officielles du 40e anniversaire de sa Révolution islamique, s’affirme comme le grand rival, chiite, de l’Arabie saoudite sunnite, au Moyen-Orient.

– De la dynastie à la Révolution –

Héritier de l’Empire perse, monarchie gouvernée par un chah (empereur), l’Iran a été dominé au XXe siècle par la dynastie Pahlavi pendant plus de cinquante ans.

En 1925, Reza Khan, proclamé nouveau chah d’Iran, prend le nom de Pahlavi. En 1941, il est contraint d’abdiquer en faveur de son fils Mohammad Reza.

En 1953, le Premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh, qui avait nationalisé le pétrole iranien jusque là contrôlé par les Britanniques, est renversé lors d’un coup d’État orchestré par Washington et Londres.

L’ayatollah Rouhollah Khomeiny prend en 1963 la tête de la révolte contre les réformes modernistes du chah. Mohammed Reza ordonne un an plus tard d’exiler le chef de file de l’opposition religieuse.

En janvier 1978, débutent des manifestations hostiles au gouvernement et au monarque ainsi que des grèves. La deuxième moitié de l’année voit la contestation s’amplifier.

Le 16 janvier 1979, le shah prend la fuite. Le 1er février, Khomeiny rentre à Téhéran après plus de 14 ans d’exil.

Une République islamique est proclamée le 1er avril.

En septembre 1980, l’Irak de Saddam Hussein déclenche une guerre contre l’Iran, qui fera en huit ans 680.000 morts et disparus (180.000 côté irakien et 500.000 côté iranien), selon les derniers travaux de l’historien français Pierre Razoux.

– Guide suprême –

La Constitution donne l’essentiel du pouvoir au guide suprême, actuellement l’ayatollah Ali Khamenei qui a succédé à Khomeiny, décédé en 1989.

L’Assemblée des experts est chargée de nommer, superviser et éventuellement démettre le guide suprême.

Le président, élu au suffrage universel, nomme le gouvernement. Hassan Rohani a été élu en 2013, puis réélu en 2017.

Les pouvoirs du Parlement sont limités par rapport à d’autres institutions, comme le Conseil des gardiens de la Constitution, en partie composé de religieux nommés par le guide.

Les Gardiens de la révolution constituent l’armée idéologique de la République islamique.

– Grand rival de Ryad –


L’Iran est le grand rival régional de l’Arabie saoudite, poids lourd de la Ligue arabe. Ces deux puissances soutiennent des camps différents dans plusieurs conflits régionaux.

Depuis le début de la guerre en Syrie, en 2011, Téhéran, aidé du mouvement chiite libanais Hezbollah, est le principal soutien militaire régional du président syrien Bachar al-Assad, qui appartient à la minorité alaouite, une branche éloignée du chiisme. L’Arabie saoudite soutient les rebelles.

L’Iran est aussi accusé par Ryad et Washington de soutenir militairement les rebelles Houthis au Yémen. Ce que Téhéran dément.

– Accord nucléaire –

En 2015, l’Iran et six grandes puissances parviennent à finaliser un accord sur le nucléaire, dossier qui empoisonne les relations internationales depuis plus de douze ans. L’accord vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire iranien en échange d’une levée progressive des sanctions internationales contre ce pays.

Mais en mai 2018, Washington, qui a fait de la République islamique son ennemi numéro un, se retire de l’accord jugé trop laxiste par le président américain Donald Trump, avant de rétablir les sanctions économiques. La France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Chine et la Russie sont elles restées dans l’accord.

– Marasme –

L’Iran, membre fondateur de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), dispose des deuxièmes réserves mondiales de gaz, après la Russie, et des quatrièmes réserves mondiales de pétrole.

Mais l’économie du pays reste marquée par une forte inflation et un chômage élevé. Le rétablissement des sanctions par Washington contre les secteurs pétrolier et financier a encore aggravé la situation du pays, qui a vu sa monnaie, le rial, s’effondrer.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), le Produit intérieur brut (PIB) devrait reculer de 3,6% en 2019, pour une large part à cause d’une baisse des ventes de pétrole.

– Le chiisme, religion d’État –

L’islam chiite duodécimain (qui reconnaît douze imams) est la religion d’État en Iran, pays de plus de 80 millions d’habitants à 90% chiites.

La Constitution dispose que les sunnites (environ 10% de la population) « sont libres d’accomplir leurs rites religieux selon leur jurisprudence religieuse ».

– Une histoire plurimillénaire –

Le pays compte une vingtaine de biens inscrits sur la liste du patrimoine culturel mondial de l’Unesco. Parmi eux, les anciennes capitales que furent Ispahan (centre) et Chiraz (sud), ou Persépolis, imposante capitale cérémonielle de l’empire perse achéménide fondée à la fin du VIe siècle avant JC.


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