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L’ONU prête à envoyer de l’aide si Caracas le demande

Les agences de l’ONU se tiennent prêtes à envoyer une aide d’urgence au Venezuela, réclamée par Juan Guaido, reconnu président par interim par une quarantaine de pays, mais elles ne pourront pas opérer tant que le pouvoir en place à Caracas ne donne pas son feu vert.

« Il est urgent d’accroître l’aide humanitaire », a affirmé à l’AFP un porte-parole de l’ONU à Genève.

Des agences de l’ONU sont déjà sur place, comme l’Unicef ou l’Organisation panaméricaine de la santé (bureau régional pour les Amériques de l’Organisation mondiale de la Santé), mais elles gèrent des programmes d’aide au développement ou de prévention. « Beaucoup d’entre elles sont en train d’intensifier leur assistance », a observé le porte-parole de l’ONU.

Mais le Programme alimentaire mondial (PAM), agence chargée d’acheminer des vivres dans les pays en crise ou en conflit, n’est lui pas présent au Venezuela, en proie à de graves difficultés économiques.

De son côté, le chef du Parlement, M. Guaido, qui s’est autoproclamé président par intérim, tente d’organiser lui-même l’arrivée d’une aide internationale malgré le refus du président Nicolas Maduro.

« Dans un courrier, envoyé en réponse à M. Guaido le 29 janvier, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a déclaré que les Nations unies étaient prêtes à accroître leurs activités au Venezuela en matière d’assistance humanitaire et développement », a expliqué le porte-parole de l’ONU.

« Toutefois, il a ajouté que pour cela l’ONU avait besoin du consentement du gouvernement », a-t-il relevé.

En attendant, le Parlement vénézuélien, unique institution aux mains de l’opposition, a approuvé cette semaine un plan stratégique pour la distribution de vivres et de médicaments envoyés par les Etats-Unis et le Canada depuis la Colombie et le Brésil, frontaliers du Venezuela.

– ‘Neutralité’ –

Estimant que les besoins non couverts sont « énormes », le CICR a doublé son budget annuel au Venezuela, mais refuse de se laisser entraîner dans les divisions politiques.

Soulignant sa « neutralité », la Croix-Rouge vénézuélienne s’est dite cette semaine prête à distribuer de l’aide humanitaire, mais une fois qu’elle sera entrée dans le pays.

Actuellement, « il y a environ 2.600 volontaires et employés de la Croix-Rouge sur le terrain » pour gérer huit hôpitaux, 33 centres ambulatoires et « assurer les premiers soins », a expliqué à l’AFP à Genève un porte-parole de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

« Ils travaillent également avec les communautés et les populations déplacées pour leur fournir de l’eau, améliorer les conditions d’hygiène et les installations sanitaires, prévenir les maladies et se préparer aux situations d’urgence », a-t-il ajouté.


Active depuis 2015 dans certaines régions du Venezuela, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) assure aussi que ses « équipes sont prêtes à réagir si nécessaire », a déclaré à l’AFP son porte-parole Etienne L’Hermitte.

Selon M. Guaido, « il y a entre 250.000 et 300.000 Vénézuéliens qui risquent de mourir ».

Le président Nicolas Maduro, qui est soutenu notamment par la Russie, la Chine, la Turquie, Cuba et l’Iran, a refusé à plusieurs reprises l’envoi de toute aide humanitaire au Venezuela, un moyen, selon lui, de faciliter une invasion militaire menée par les Etats-Unis pour le renverser.

Mais l’opposition reste déterminée à faire rentrer l’aide américaine et canadienne et M. Guaido a sommé l’armée de ne pas empêcher l’entrée en territoire vénézuélien de cette assistance.

– ‘Soutien logistique’ –

Les habitants du Venezuela, pays pétrolier et autrefois le plus riche d’Amérique latine, sont confrontés à de graves pénuries de vivres et de médicaments, ainsi qu’à une inflation galopante.

Alors que M. Maduro accuse les sanctions internationales d’étouffer son pays, les travailleurs humanitaires peinent à se faire une réelle idée des besoins.

« Je n’ai pas d’analyse de la situation dans le pays car il n’y a pas de chiffres officiels disponibles et nous ne sommes pas présents dans tout le pays », a expliqué le porte-parole de MSF.

Même son de cloche au PAM qui ne peut pas entrer dans le pays tant que Caracas n’en fait pas la demande.

« Le gouvernement est conscient de notre volonté de fournir de l’aide. Le PAM suit de près l’évolution de la situation et est prêt à entrer une fois qu’il y sera autorisé », a déclaré à l’AFP un porte-parole, Herve Verhoosel.

En attendant, l’agence a renforcé son équipe dans les zones frontalières en prévision de l’aide américaine et canadienne.

« Nous participons également au pré-positionnement des vivres à la frontière », a-t-il expliqué. « Il nous a été demandé de fournir un soutien logistique et c’est ce que nous faisons. »

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