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L’ONU veut une accalmie au Yémen avant les consultations de paix

L’émissaire de l’ONU Martin Griffiths va se rendre vendredi à Hodeida, principal front de la guerre entre rebelles et gouvernement au Yémen, avec l’objectif de demander une véritable accalmie avant les consultations de paix prévues début décembre en Suède.

Cette visite donnera l’occasion à un « appel à une accalmie en pleines préparations des discussions de paix » en Suède, a déclaré jeudi une source de l’ONU à l’AFP.

M. Griffiths est arrivé mercredi dans la capitale Sanaa, aux mains des rebelles, pour tenter de progresser vers une solution afin de mettre fin à plus de trois ans d’un conflit qui a fait quelque 10.000 morts.

La ville portuaire de Hodeida, dans l’ouest du Yémen, est essentielle pour l’acheminement de l’aide humanitaire et les importations en général au Yémen, où 14 millions de personnes se trouvent en situation de pré-famine, selon l’ONU.

Elle est aux mains des Houthis qui contrôlent aussi Sanaa et une bonne partie du nord du pays.

Après une offensive contre la ville lancée début novembre par les forces progouvernementales, soutenues par une coalition sous commandement saoudien, ces dernières ont annoncé le 14 novembre une pause dans les opérations militaires pour favoriser les efforts de paix de l’ONU.

– Deux nuits de combats –

Mais la ville a connu cette semaine deux nuits de combats. Le calme est toutefois revenu jeudi.

Dans un tweet, le chef rebelle Mohammed Ali al-Houthi a dit espérer que « la visite de M. Griffiths (vendredi) à Hodeida ne sera pas suivie par une escalade des opérations militaires de la part de la coalition de l’agression ».

Il a par ailleurs souhaité le voir formuler durant sa mission au Yémen des « propositions constructives répondant aux urgences économiques et humanitaires du pays et brossant les grands traits du processus de paix ».

Selon le dirigeant rebelle qui préside le Conseil révolutionnaire suprême, M. Griffiths a eu mercredi à Sanaa des entretiens avec des responsables des insurgés.

« Nous voulons la paix s’ils (les membres de la coalition) la veulent », a-t-il déclaré jeudi à des journalistes après avoir rencontré M. Griffiths.

« Personne ne peut mettre en doute notre désir de paix », a-t-il ajouté avant d’indiquer que l’émissaire de l’ONU rencontrerait, durant sa visite, le chef des rebelles Abdel Malek al-Houthi.


Mercredi, le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, a annoncé que des pourparlers de paix entre le gouvernement yéménite et les rebelles Houthis se tiendraient « tout début décembre » en Suède.

L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, membres de coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite, « sont à fond derrière » ces négociations, a-t-il précisé.

Le 30 octobre, M. Mattis avait appelé les belligérants à cesser les hostilités et à ouvrir des négociations « d’ici 30 jours ».

« Il semble qu’au tout début décembre, en Suède, nous verrons la partie rebelle Houthie et le gouvernement reconnu par l’ONU du président Abd Rabbo Mansour Hadi », a-t-il déclaré.

– Désastre humanitaire –

En 2015, l’Arabie saoudite, voisine du Yémen, a pris la tête d’une coalition militaire pour aider le gouvernement Hadi à stopper une offensive des rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, puissance régionale rivale du royaume saoudien.

Le Yémen est en proie à la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU.

La situation à Hodeida focalise l’attention de la communauté internationale qui mesure avec inquiétude les risques d’une famine généralisée dans le pays avec la poursuite des hostilités.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se prononcer à une date indéterminée sur une résolution, dont un projet a été présenté par la Grande-Bretagne, appelant à une trêve dans la ville et le passage, sans obstacles, de l’aide humanitaire.

Cette résolution est « destinée à obtenir un consensus des deux parties pour permettre à des discussions d’avoir lieu (…) à Stockholm », a affirmé mercredi le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt.

Une étude de l’ONG Save The Children donne une idée de l’ampleur du désastre humanitaire dans le pays.

Publiée mercredi, elle estime à 85.000 le nombre d’enfants morts de faim ou de maladie depuis l’intensification de la guerre au Yémen en 2015.



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