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L’UE dit prendre acte de la réélection de Paul Biya (communiqué)

L’Union européenne (UE), dans un communiqué reçu vendredi à APA, souligne avoir pris acte de «la proclamation des résultats de l’élection présidentielle au Cameroun par le Conseil constitutionnel», se gardant ainsi de toute félicitation à l’endroit de Paul Biya, large vainqueur de ce scrutin.Tout juste se fondant sur la déclaration préliminaire de la mission d’observation électorale de l’Union africaine, elle recommande un renforcement du cadre légal et institutionnel des élections au Cameroun afin de le rendre plus inclusif, de manière à accroître la confiance des électeurs envers le processus électoral.

Qualifiant de cruciales ces réformes, l’UE se dit prête à accompagner ce processus, notant au passage que tous les recours introduits par les candidats de l’opposition ont été rejetés Conseil constitutionnel.

Et d’embrayer aussitôt, pour inviter le président élu à rallier toutes les parties prenantes, afin de surmonter, dans l’intérêt de tous les Camerounais, les défis auxquels le pays fait face.

«Si les élections se sont globalement tenues dans le calme, une partie de la population n’a pas été en mesure de participer au vote», constate l’institution, rappelant ses vives préoccupations par rapport à la situation dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, confrontées à une crise sécessionniste sans précédent depuis plus de deux ans.

Il demeure important, insiste l’UE, que les autorités camerounaises soient à l’écoute des propositions de la société civile et des autorités religieuses, en vue d’une résolution pacifique et durable de la crise, et pour qu’un processus de dialogue soit lancé au plus tôt avec tous les acteurs en faveur de la paix.


Cette posture ambiguë rejoint à quelques détails près celle de la France, qui par le biais de son ministère des Affaires étrangères a adressé «ses vœux de réussite au président Biya pour ce nouveau mandat afin de satisfaire les aspirations légitimes du peuple camerounais à la sécurité, à la prospérité et à la pleine expression des libertés».

Regrettant cependant que de nombreux Camerounais n’aient pu exprimer leur choix, notamment dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du pays, le Quai d’Orsay rappelle sa condamnation des violences commises dans ces régions et renouvelle l’appel de la France au lancement d’un dialogue politique inclusif, seul à même de permettre la résolution d’une crise qui s’est aggravée durant l’année écoulée et a des conséquences pour les populations concernées.

Ces exhortations interviennent alors que, depuis mardi dernier et selon des sources sécuritaires, l’armée camerounaise a lancé une vaste offensive contre les séparatistes anglophones à partir de leurs bases arrières situées dans l’État nigérian de Cross River (sud-est).

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