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Mairie de Paris: Cinq choses à savoir sur Benjamin Griveaux

Cinq choses à savoir sur Benjamin Griveaux, qui a quitté mercredi son poste de porte-parole du gouvernement pour briguer l’investiture LREM en vue des élections municipales à Paris:

– C’est un ancien « DSK Boy » –

Benjamin Griveaux, 41 ans, a fait ses armes politiques dans les cercles strauss-kahniens. Membre du club de réflexion « A gauche en Europe » fondé en 2003 par Dominique Strauss-Kahn et Michel Rocard, M. Griveaux participe à la campagne de DSK pour la primaire socialiste de 2006. Dans les couloirs du QG situé dans un appartement rue de la Planche à Paris, il rencontre de futurs piliers de la campagne d’Emmanuel Macron: Stanislas Guerini, Ismaël Emelien, Cédric O. Il y côtoie également des ténors du PS comme Jean-Christophe Cambadélis, Christophe Borgel, Marisol Touraine et se lie d’amitié avec Matthias Fekl, futur ministre de François Hollande. Malgré la déroute face à Ségolène Royal en novembre 2006, M. Griveaux restera fidèle à DSK. Quand il publiera en 2012 son livre « Salauds de pauvres! », il le dédiera « à tous ceux de la Planche ».

– Il a gravi les échelons à Chalon –

Après avoir étudié à Sciences Po et HEC (mais raté l’ENA), M. Griveaux a lancé une entreprise de conseils « pour améliorer l’acceptabilité de grands projets auprès de la population » avec le fondateur du think tank Terra Nova, Olivier Ferrand. Mais il bâtira sa carrière politique chez lui, en Saône-et-Loire. Né près de Chalon, d’un père notaire et d’une mère avocate solidement implantés dans la ville, M. Griveaux suit l’habituel parcours initiatique dans les appareils traditionnels en se faisant élire conseiller municipal de Chalon et conseiller général en 2008, sous la présidence d’Arnaud Montebourg.

– Il a co-fondé En Marche! –


En 2014, après avoir passé deux ans au sein du cabinet de la ministre de la Santé PS Marisol Touraine, M. Griveaux abandonne la politique et rejoint la direction de la communication et des affaires publiques du groupe d’immobilier commercial Unibail-Rodamco. Pourtant, contacté en octobre 2015 par Ismaël Emelien, alors conseiller d’Emmanuel Macron à Bercy, il se lance dans création du mouvement En Marche! Durant la campagne, il coordonne le porte-parolat du parti et multiplie les passages télévisés ou radio. Parallèlement, il décroche l’investiture dans la 5e circonscription de Paris et se fait élire député en juin 2017, en battant au passage la députée (PS) sortante Seybah Dagoma, une autre ancienne de la rue de la Planche.

– C’est le sniper de la macronie –

Déjà pendant la campagne présidentielle, M. Griveaux s’était distingué en distribuant avec gourmandise des piques à ses anciens camarades socialistes, quitte à rafraîchir considérablement les relations. Ses amis le décrivent en « aboyeur », à la fois « intelligent, malin » mais aussi « hyper cash » et doté « d’une vraie confiance face à l’adversité ». « Il est dévoré par l’ambition. Dévoré », cingle un socialiste qui lui fut proche, quand un autre épingle son « arrogance » et assure qu' »il a beaucoup d’ennemis, pas forcément à tort ». Ce côté clivant trouvera une illustration durant la crise des « gilets jaunes ». Le 5 janvier dernier, une poignée de manifestants défonceront avec un engin de chantier le portail de son ministère, précipitant l’évacuation du porte-parole par les jardins.

– Paris dans le viseur –

Bientôt père d’un troisième enfant, ce fan de l’écrivain Brett Easton Ellis, de séries américaines et du groupe de rock Nirvana n’a jamais caché sa motivation pour la mairie de Paris. « Pour Paris, il prendra tous les risques », commente un cadre LREM. Absent du premier gouvernement d’Edouard Philippe en mai 2017 et d’abord tenté par la présidence du parti, celui qui a longtemps vécu dans le Ve arrondissement – d’abord dans un studio de la rue de Pontoise – a vite dirigé ses ambitions vers la capitale. Il est cependant confronté à une avalanche de candidatures au sein du parti, dont Mounir Mahjoubi qui a également quitté le gouvernement mercredi, pas convaincus de sa capacité à rassembler. Lui, met plutôt en avant les soutiens de certains camarades au sein du gouvernement (Marlène Schiappa, Gabriel Attal…), de députés et de cadres locaux. Cependant, il lui manque encore l’assentiment public du véritable décisionnaire, dont il s’estime pourtant proche: Emmanuel Macron.

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