International › AFP

Maros Sefcovic, un commissaire européen en lice pour la présidence slovaque

Maros Sefcovic, candidat du parti au pouvoir au deuxième tour de la présidentielle slovaque samedi, est commissaire européen et diplomate de carrière passionné par le sport.

Bien qu’indépendant, ce vice-président de la Commission européenne âgé de 52 ans bénéficie du soutien des populistes de Smer-SD ce qui a pu être la cause de son résultat mitigé au premier tour de l’élection, le 16 mars, loin derrière la novice politique critique virulente du gouvernement Zuzana Caputova.

En crise depuis plus d’un an, la coalition tripartite au pouvoir a été frappée par l’affaire du meurtre du journaliste d’investigation Jan Kuciak et de sa fiancée Martina Kusnirova abattus par balles début 2018.

Le journaliste était sur le point de publier une enquête sur les liens présumés entre des hommes politiques slovaques et la mafia italienne ainsi que sur des fraudes autour des fonds européens.

Le double meurtre et l’article explosif de Kuciak, publié à titre posthume, ont plongé le pays dans une crise, suscitant des inquiétudes sur la liberté des médias et la corruption.

La vague d’indignation et des manifestations de rue ont provoqué la démission du Premier ministre Robert Fico, qui reste cependant chef de Smer-SD et proche allié de l’actuel Premier ministre Peter Pellegrini.

Selon les experts, cela met M. Sefcovic dans une situation difficile.

« Il ne peut pas prendre parti pour ceux qui soutiennent la démocratisation, car il bénéficie du soutien de ceux qui ont causé ces problèmes », a déclaré à l’AFP Grigorij Meseznikov, analyste basé à Bratislava.

– Cadeau prémonitoire –

M. Sefcovic avait initialement refusé la candidature à la présidence l’an dernier, mais finalement accepté de se présenter en janvier, le ministre des Affaires étrangères Miroslav Lajcak ayant refusé l’offre de Smer-SD.

« Avec ma candidature, je veux rendre à mon pays ce qu’il m’a apporté », a-t-il déclaré lors d’un débat télévisé.

Né et élevé à Bratislava, Sefcovic avait 12 ans lorsque son père lui donna un livre sur la diplomatie pour Noël.

« C’est avec enthousiasme que j’ai lu comment Lord Essex avait voyagé en Afghanistan pour faire face aux crises locales », se souvient M. Sefcovic sur son site internet.


Il a fait des études à l’Université économique de Bratislava et à l’Institut d’État des relations internationales de Moscou.

Ancien membre du Parti communiste, il estime que « la Russie n’est pas une menace. La Russie est un défi stratégique ».

Au long de sa carrière, il a occupé plusieurs postes diplomatiques, dont celui d’ambassadeur en Israël. Il parle couramment l’anglais, le français et le russe et comprend l’allemand.

Membre de la Commission européenne depuis 2009 et un des ses vice-présidents depuis 2014, ce pro-européen estime cependant que la Slovaquie doit conserver certains pouvoirs de décision.

« Nous devons être en mesure de décider du type d’impôts que nous payons ou des personnes qui seront invitées en Slovaquie en matière de migration », a-t-il déclaré récemment.

Bien que politicien chevronné, Sefcovic est relativement inconnu dans son pays et n’a pas d’expérience du pouvoir en Slovaquie, selon les experts.

– Diplomatie sportive –

Se présentant sous le slogan « Toujours pour la Slovaquie », M. Sefcovic a promis de renforcer les avantages sociaux pour les personnes âgées et les jeunes familles, de renforcer la politique industrielle et de revitaliser le secteur agricole.

M. Sefcovic est également connu pour son large sourire qui lui a valu bien des mèmes et le surnom de « PrésiDENT » dans les réseaux sociaux.

Passionné de sport, ayant couru sur piste à l’adolescence et joué au volleyball à l’université, il dit passer encore 90% de son temps libre à faire du sport. « Aujourd’hui, il s’agit principalement de tennis, de fitness, de vélo et de ski », a-t-il décrit.

L’année dernière, il avait grimpé le sommet du Tazky, à 2.520 mètres d’altitude, dans les monts Tatras, et publié des photos de lui-même en train de faire du rafting.

Il utilise le jargon sportif pour parler de ses projets politiques. « Je souhaite que la Slovaquie continue à jouer dans la Ligue des champions européenne en ce qui concerne l’UE », a-t-il déclaré récemment.



0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut