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Mohamed Ghazouani, un général qui veut devenir président de la Mauritanie

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Soutenu par le pouvoir sortant pour la présidentielle mauritanienne de 2019, le candidat Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, dit Ould Ghazouani, 62 ans, présenté comme le « frère de l’ombre » du président sortant Abdelaziz, serait en train de vivre une seconde odyssée si les résultats qui circulent çà et là se confirment.L’attraction est à son comble quand il franchit le bureau 8 du centre de vote du stade olympique de Nouakchott pour accomplir son devoir civique. Journalistes, caméramans et photographes, personne ne veut rater ce moment… sauf un représentant d’un candidat de l’opposition qui proteste face à cette situation qui l’empêche de bien voir.  

Insouciants, ils immortalisent les faits et gestes de celui qui est présenté comme le favori de ce scrutin, qu’il dispute en même temps avec cinq candidats de l’opposition, dont l’ancien Premier ministre de transition Ould Boubacar et le militant antiesclavagiste Biram Dah Abeid.

Mais l’ancien ministre de la Défense, emmitouflé dans un boubou traditionnel blanc et accompagné de son « troisième » et actuelle épouse Mariem Dah, a paru zen devant la cacophonie autour de lui, se contentant juste après son vote de féliciter son peuple en arabe pour « sa maturité démocratique ».

Cette forme de communication est nouvelle dans la palette d’homme public de ce général. Réellement, Ghazouani a fait son entrée en politique il y a juste trois mois quand il a quitté son poste de ministre de la Défense en novembre 2018, à six mois de la présidentielle du 22 juin. Il déclare en effet, le 1er mars 2019, sa candidature à ce scrutin auquel ne peut participer Abdelaziz selon la Constitution.

Celui-ci est son frère d’arme de longue date avec lequel il a suivi sa formation militaire à Meknès (Maroc) au début des années 1980.

Malgré leur long cheminement, Ghazouani, fils d’un chef de confrérie musulmane, originaire de la wilaya (préfecture) de l’Assaba, dans le Sud, est toujours resté fidèle et loyal à Abdelaziz. Voilà pourquoi il l’a ouvertement soutenu pour lui succéder à la tête du pouvoir, indiquant qu’avec Ghazouani la Mauritanie ne va pas descendre de la voie du succès qu’il lui a tracée.

En 2005 et 2008, Ghazouani, chef d’état-major des armées depuis 2008, l’aide à fomenter deux coups d’Etats. Par la suite Abdelaziz, qui va céder le pouvoir en août prochain, est élu démocratiquement en 2009 pour son premier mandat. En 2012, son compagnon de toujours assure en coulisse l’intérim du pouvoir lorsqu’il est soigné en France après une blessure par balle.

Malgré que certains Mauritaniens expriment leur volonté de voir la gestion de leur pays quitter les mains des militaires, le candidat Ghazouani a par contre plusieurs soutiens qui croient, entre autres, en ses promesses de « construire 10.000 logements sociaux et d’employer 100.000 jeunes ».


Pour l’opposant Mohamed Maouloud, président de l’UFP et candidat à cette présidentielle, Ghazouani n’est rien d’autre qu’un « des piliers du système ».

Quelques heures après le dépouillement, dans la nuit du samedi au dimanche, Ghazouani a revendiqué la victoire, suscitant ainsi la colère des opposants qui ont qualifié cette réaction du candidat du pouvoir de « provocation ».

Pourtant, Ould Ghazouani est perçu comme « moins sanguin » que le président Abdelaziz, ayant en effet un style « plus à l’écoute et plus posé »… même s’il apprend bien à donner des coups dans l’arène politique.

Très discret auparavant, surtout du côté de sa famille, un journaliste mauritanien nous confie néanmoins queGhazouani a « cinq enfants » dont deux avec son actuelle épouse, Mariem Dah, une dentiste formée en Syrie.

Parmi ces deux enfants, notre confrère révèle que l’un est « autiste ». Ce qui a obligé leur mère a créé une association dédiée aux personnes atteintes par ce trouble affectant la fonction cérébrale, rendant impossible l’établissement d’un lien social avec le monde environnant.

Toutefois, souffle notre source, Ould Ghazouani s’était déjà marié avec sa cousine, Khadidiatou Gazhouani, puis avec Mariem Lahah, nièce… du président Abdelaziz.



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