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Mossoul: des millions de dollars détournés avant la fuite du gouverneur

Plus de 60 millions de dollars de fonds publics ont été détournés par des fonctionnaires proches du gouverneur de Mossoul en Irak avant qu’il ne soit limogé dans la foulée d’un naufrage meurtrier, a indiqué lundi un comité anticorruption.

L’entourage du gouverneur Nawfel Akoub, désormais en fuite et recherché par la justice pour mauvais usage de fonds publics, a « détourné 64 millions de dollars » (57 millions d’euros), a indiqué à l’AFP un responsable de la Commission pour la Transparence. « Seuls six millions ont pu être récupérés », a-t-il ajouté.

Il y a une dizaine de jours, cet organe gouvernemental de lutte contre la corruption avait fait arrêter 14 hauts fonctionnaires après avoir découvert « des chèques et des virements d’argent public sur des comptes personnels de hauts fonctionnaires ».

Parmi ces sommes détournées, « 37 millions de dollars ont été prélevés sur les fonds dédiés au développement » de cette province lourdement affectée par les combats contre le groupe Etat islamique (EI), a indiqué la Commission.

Fin mars, dans la foulée de la noyade de plus de 100 personnes qui avaient embarqué sur un bac surchargé un jour de fête des Mères à Mossoul, le Parlement avait démis à l’unanimité M. Akoub de ses fonctions.

Le drame avait suscité une onde de choc dans tout le pays, les habitants pointant aussitôt du doigt un mal récurrent en Irak: la « corruption » et les passe-droits accordés par des responsables politiques à des entrepreneurs véreux.


Au même moment, un rapport parlementaire dévoilait un système de prédation bien rôdé dans la province de Ninive, dont Mossoul est le chef-lieu, et qui dispose d’un budget de 800 millions de dollars (710 millions d’euros).

Si le naufrage à Mossoul a un temps remis la question des politiciens prévaricateurs sur le devant de la scène dans le 12e pays le plus corrompu au monde, aucun responsable n’a jusqu’ici été présenté à la justice.

Bien que l’ensemble des forces de sécurité du pays aient reçu l’ordre d’arrêter M. Akoub, celui-ci est toujours en fuite et accorde même des entretiens télévisées à des chaînes locales depuis Erbil, la capitale du Kurdistan autonome, où il réside désormais, selon des responsables.

Ces 15 dernières années, la corruption a coûté près de 200 milliards d’euros d’argent public, soit deux fois le budget de l’Etat et même plus que le Produit intérieur brut (PIB) de l’Irak, selon le Parlement.



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