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Mozambique: cinq morts dans une nouvelle attaque attribuée aux islamistes

Cinq personnes ont été tuées mercredi soir à coups de machettes et de couteaux dans l’extrême nord-est du Mozambique, lors de la troisième attaque meurtrière en dix jours attribuée à des islamistes dans cette région riche en gaz.

Depuis le 27 mai, 22 personnes ont été tués par des islamistes dans la province du Cabo Delgado, frontalière de la Tanzanie, selon la police.

La dernière attaque mercredi soir a visé le petit village de Namaluco, situé à une centaine de kilomètres au nord de Pemba, la capitale du Cabo Delgado.

« Il y a eu une nouvelle attaque » dans la province, a déclaré jeudi à l’AFP un porte-parole de la police sous couvert d’anonymat.

« Le même groupe qui avait attaqué des villages voisins s’en est pris à un autre village hier (mercredi) vers 21 heures et a tué cinq personnes », a-t-il ajouté.

Les assaillants, qui étaient armés de couteaux et de machettes, ont également détruit des maisons.

« La stratégie du groupe consiste à s’en prendre à plusieurs villages en l’espace de quelque jours pour compliquer » la tâche des autorités, a estimé le policier.

« Les forces de sécurité sont sur le terrain à la poursuite des assaillants », a assuré de son côté un porte-parole de la police du Cabo Delgado, Augusto Guta, ajoutant que des détails seraient communiqués « ultérieurement ».

Il s’agit de la troisième attaque meurtrière attribuée à des musulmans radicaux depuis la fin mai dans cette région riche en ressources gazières.

Le 27 mai à l’aube, le groupe avait attaqué deux petits villages et tué dix de leurs habitants, dont deux adolescents, retrouvés décapités à la machette.

Dans la nuit de lundi à mardi cette semaine, sept civils ont été massacrés et plus de cent maisons brûlées dans la même région.

Parallèlement, la police a affirmé avoir tué ce week-end « neuf insurgés »dans les forêts d’Olumbe, non loin des villages visés fin mai.

Le premier fait d’armes des islamistes armés au Mozambique remonte à octobre quand ils avaient attaqué un poste de police et une caserne de Mocimboa da Praia, dans la même province du Cabo Delgado, proche d’énormes champs gaziers récemment découverts au large des côtes mozambicaines.

La police n’avait pu reprendre le contrôle de la ville qu’au bout de deux jours de combats qui s’étaient soldés par la mort de 17 personnes.


Depuis, les attaques attribuées aux islamistes continuent de façon sporadique dans la région, jusqu’à cette « détérioration alarmante » de la situation ces derniers jours, selon Alex Vines du centre de réflexion britannique Chatham House.

– Crime organisé –

Un « climat de peur » s’est abattu sur le Cabo Delgado et « les investisseurs internationaux s’interrogent sur la capacité des autorités mozambicaines à riposter à ce problème émergent », estime-t-il à l’AFP.

Ces violences pourraient « décourager les investissements dans la région », met aussi en garde le cabinet de conseil Signal Risk, expliquant que la société canadienne gazière Wentworth Resources, n’a pas pu se rendre dans la région pour des raisons de sécurité.

Les villageois surnomment les assaillants les « al-shabab » (« les jeunes » en arabe), comme ceux qui sèment la terreur en Somalie à grands coups d’attentats. Mais les deux groupes n’ont pas, selon les experts, de lien entre eux.

Le Mozambique compte officiellement 17% de musulmans, pas loin du double selon les responsables de leur communauté.

Les « al-shabab » mozambicains sont avant tout frustrés par « la pauvreté et les inégalités » dans une région largement oubliée par l’essor économique des années 2000, qui a suivi la guerre civile meurtrière de 1976 à 1992, avance Alex Vine.

Dans leurs rangs, on trouve « des jeunes mécontents qui ne voient pas d’avenir ».

« Il semble avoir reçu des fonds du crime organisé impliqué dans le commerce illégal » de pierres précieuses, de bois et de drogues, ajoute Alex Vine à l’AFP.

Des al-shabab ont reçu un entraînement en Tanzanie voisine et en République démocratique du Congo. Ils ont également reçu, au pays, la visite de prêcheurs venus du Burundi et de Tanzanie, poursuit l’expert.

Ils comptent environ un millier de membres, complète le groupe Signal Risk qui confirme que leur principale motivation est « criminelle ».

En conséquent, « on estime improbable que le groupe tisse des relations avec l’Etat islamique ou d’autres organisations islamistes », avance Signal Risk.


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