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Municipales 2020: grandes villes, gros enjeux

Paris, Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille ou encore Nice: plusieurs grandes villes de France s’annoncent comme les principaux points chauds des municipales 2020.

– PARIS SUSCITE TOUTES LES CONVOITISES –

Depuis 2001, et l’élection de Bertrand Delanoë, suivie de celle d’Anne Hidalgo en 2014, la gauche règne à l’Hôtel de Ville, mais la droite et En Marche veulent profiter des nombreux couacs du mandat (Autolib, Vélib, dette…).

Les candidatures se multiplient chez les marcheurs : après Hugues Renson, Julien Bargeton, Anne Lebreton et Cédric Villani, Mounir Mahjoubi a annoncé être candidat à l’investiture, avant la déclaration attendue de Benjamin Griveaux. A droite, après Jean-Pierre Lecoq, Rachida Dati s’est dite intéressée.

A gauche, Nicolas Bonnet-Oulaldj sera le candidat communiste et les écologistes doivent départager Julien Bayou et David Belliard. Les candidatures hors partis ont également le vent en poupe, avec celles de Pierre-Yves Bournazel, élu du centre droit dans le XVIIIe, et de l’ex-conseiller en communication de François Hollande, Gaspard Gantzer.

– TRANSITION A BORDEAUX –

Après un quasi quart de siècle de domination d’Alain Juppé, parti pour le Conseil constitutionnel, la bataille pour la mairie regagne en suspense. Le dauphin désigné, Nicolas Florian (LR), remettra son titre en jeu sur son seul nom, avec aujourd’hui une inconnue : la concurrence possible d’un candidat La République en Marche.

Dès son élection par le conseil municipal le 7 mars, ce proche de Valérie Pécresse a refusé l’idée d’être un « maire d’intérim » et assuré qu’il se représenterait en 2020, comptant rassembler gaullistes, centristes et « ceux qui n’ont pas de carte politique ».

Au-delà des enjeux nationaux, Nicolas Florian devra assumer le bilan en demi-teinte de son mentor : une ville métamorphosée et attractive, mais des transports sclérosés, une urbanisation galopante et des prix immobiliers qui flambent, combinaison qui a contribué à faire de la capitale girondine un bastion des « gilets jaunes ».

– LILLE : QUATRIEME CAMPAGNE POUR AUBRY ? –

A Lille, (petit) suspense encore… Martine Aubry, 69 ans au moment des municipales, va-t-elle se lancer à la conquête d’un quatrième et ultime mandat ? La plupart des responsables nordistes sont persuadés qu’elle ira, quitte à passer la main en cours de mandat.

L’ex-ministre de Lionel Jospin avait pourtant assuré en 2014 que c’était sa dernière bataille. Elle met désormais en avant la nécessité « d’aider la gauche » et de faire « rempart » à Emmanuel Macron. « Si elle n’y va pas, c’est simple, Lille est perdue pour le PS », juge un baron socialiste. A priori, pas de véritable danger à droite.


Mais La France insoumise, qui a raflé en 2017 au PS ses deux sièges lillois, devrait aligner l’un des deux députés de la ville, probablement Ugo Bernalicis. A LREM, la bataille pour l’investiture fait rage entre la députée Valérie Petit et Violette Spillebout, ex-directrice de cabinet de… Martine Aubry.

– DUEL FRATRICIDE A LYON ? –

A Lyon, un duel fratricide se profile entre le sortant Gérard Collomb et son ancien poulain David Kimelfeld. En octobre, Collomb a récupéré son fauteuil de maire de la ville, mais Kimelfeld garde celui de président de la métropole, auquel l’ancien ministre de l’Intérieur a finalement renoncé.

Plus jeune (57 ans contre 71), moins connu mais plus enclin au dialogue, David Kimelfeld, ancien socialiste passé lui aussi chez LREM, affiche ses ambitions. Reste que la majorité que chacun espère rassembler, du centre droit à la gauche en passant par les Verts, est la même et un duel éventuel pourrait conduire LREM à perdre son joyau lyonnais.

– MARSEILLE POUR L’APRES-GAUDIN –

A Marseille, 2020 sonnera la fin du règne de Jean-Claude Gaudin, 79 ans et maire (LR) depuis 23 ans, dont le dernier mandat s’achève dans un climat plombé par la catastrophe de la rue d’Aubagne, où huit personnes sont mortes en novembre sous des immeubles effondrés. Difficile dans ce contexte de se réclamer de son bilan, et même ses proches comme le sénateur Bruno Gilles, le seul à avoir officialisé sa candidature à droite, tentent de se démarquer.

Début mars, un sondage, commandé par ses soins, le plaçait en tête face au sénateur RN Stéphane Ravier ou à la socialiste Samia Ghali. Mais à droite, d’autres n’ont pas exclu de se présenter, comme Martine Vassal, présidente de la métropole et du conseil départemental, ou Renaud Muselier, à la tête de la Région. Au centre et à gauche, des noms circulent, jusqu’à ceux de Jean-Luc Mélenchon ou de Christophe Castaner, même si ce dernier a démenti qu’il se lancerait dans la course et que le chef de file des Insoumis a refusé de se prononcer clairement.

– NICE, DUEL A DROITE ? –

A Nice, le maire LR Christian Estrosi, probable candidat à un troisième mandat, pourrait souffrir de l’antagonisme avec son ancien lieutenant, le député LR Eric Ciotti qui n’a pas déclaré sa candidature mais ne ménage plus ses coups.

Depuis 2017, la guerre est déclarée entre ces deux sarkozystes et pourrait déboucher sur un duel arbitré par le RN. Accusé d’avoir trop endetté la ville et trahi sa famille politique en soutenant Emmanuel Macron, M. Estrosi met les bouchées doubles, avec les services de l’Etat, pour boucler à temps le chantier de la 2e ligne de tramway et attirer à Nice un maximum d’événements et d’infrastructures.

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