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Musée juif: dernier acte au procès de Mehdi Nemmouche

Le procès de la tuerie du musée juif de Bruxelles va connaître son dénouement cette semaine, offrant à Mehdi Nemmouche une ultime occasion de s’exprimer, lui qui n’a donné aucune explication aux proches des victimes tout au long des huit semaines d’audience.

Après un dernier échange d’arguments entre l’accusation et les parties lundi, la parole sera donnée aux deux accusés mardi. Les douze jurés devraient ensuite se retirer pour délibérer, et revenir jeudi matin avec un verdict sur la culpabilité.

Le parquet a requis la semaine dernière la condamnation de Mehdi Nemmouche et de son co-accusé Nacer Bendrer, le premier en tant qu’auteur des quatre « assassinats terroristes », le second comme « complice », soupçonné d’avoir fourni les armes.

Aux yeux de l’accusation, cette tuerie antisémite du 24 mai 2014 est la première attaque commise en Europe par un combattant jihadiste de retour de Syrie, un an et demi avant les sanglants attentats du 13 novembre 2015 (130 morts, des centaines de blessés) en France.

Et les deux procureurs sont « convaincus » d’avoir les bonnes personnes dans le box.

A l’encontre de Nemmouche, ils ont recensé un total de « 23 éléments à charge » (empreintes ou ADN sur les armes, vidéos de revendication, morphologie, etc).

Cela rend d’autant plus risquée la stratégie adoptée par la défense du jihadiste, qui a balayé toutes ces preuves et brandi la thèse d’un « complot » étranger pour tenter de le disculper.

A en croire Me Sébastien Courtoy, figure controversée des prétoires belges et avocat vedette de Nemmouche, ce dernier n’est pas le tueur du musée. Il aurait été « piégé » par de supposés agents de services étrangers – iraniens ou libanais -, désireux de l’impliquer dans « une exécution ciblée d’agents du Mossad », le service secret israélien.

Sont ainsi visés les époux israéliens Miriam et Emmanuel Riva, les deux premières des quatre personnes qui furent abattues de sang-froid en moins d’une minute et demie ce samedi du printemps 2014.

-« Il ne restera pas muet »-

Cette thèse du « piège », longuement soutenue par Me Courtoy jeudi, est une accumulation d’hypothèses non étayées par des éléments concrets. Elle a été qualifiée de « délirante », de « pure fantaisie » sur les bancs des avocats des victimes.

« C’est à proprement parler extraordinaire, il a parlé pendant près de huit heures pour n’absolument rien dire », a fustigé Me Vincent Bodson, un des conseils de la famille Riva, après la plaidoirie de Me Courtoy.


« Je n’ai jamais vu ça en trente ans de carrière un déchaînement aussi violent, aussi haineux », a dénoncé lundi Me Christian Dalne, représentant une autre partie civile.

Plusieurs avocats ont reproché à Me Courtoy de « faire le procès des victimes ».

Six jours après la tuerie, le 30 mai 2014, Mehdi Nemmouche, délinquant multirécidiviste radicalisé en prison, avait été arrêté à Marseille (sud de la France) en possession des armes utilisées, un revolver et un fusil d’assaut de type Kalachnikov.

Après avoir fait valoir son droit au silence pendant les quatre années d’enquête, l’accusé avait promis de s’expliquer devant la cour d’assises.

« Il ne restera pas muet, il fournira des explications », avait assuré à l’AFP son avocat, Henri Laquay, le 20 décembre.

« Ca fait maintenant quelques années qu’il brûle de pouvoir dire sa vérité », renchérissait devant les médias Me Courtoy le jour de la formation du jury.

En définitive, l’intéressé n’a cessé de repousser les questions de la présidente, promettant de répondre « plus tard ». Les parties civiles disent ne plus rien attendre de lui.

Vendredi, les avocats du co-accusé, Nacer Bendrer, un délinquant marseillais de 30 ans, ex-compagnon de détention de Nemmouche, ont plaidé son acquittement.

Pour eux, certes les deux hommes ont eu de multiples contacts téléphoniques en avril 2014, à l’époque où le jihadiste est censé être en pleins préparatifs, mais le Marseillais « n’a pas fourni les armes, la preuve n’a pas été apportée ».

En cas de verdict de culpabilité, la cour devra se prononcer dans un deuxème temps sur les peines, vraisemblablement vendredi.

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