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N’Djamèna dans la fièvre des jeux de hasard

Les habitants de N’Djaména, la capitale tchadienne, sont actuellement pris par la fièvre des jeux de hasard, un phénomène encouragé par le lancement tous azimuts sur le marché national de produits comme Premier loto, Yip Yip et Paris foot.A longueur de journée, on peut voir des jeunes et vieilles personnes faire la queue devant  des kiosques où sont vendus ces produits censés rendre riche en un tour de main n’importe quel individu végétant dans la misère.

Est-ce à cause de la modicité de sa mise qui est de 100 FCFA? Toujours est-t-il que le loto, introduit récemment au Tchad et qui consiste à faire des pronostics, draine le plus grand nombre de joueurs.

« Quand tu joues avec 100 FCFA et tu rates, on te remet ton argent. Si tu mets par exemple 500 FCFA en jeu, il y a possibilité que tu gagnes quelque chose », explique un jeune parieur. « Au loto, s’enthousiasme un autre parieur, les numéros vont de 1 à 99 et si en faisant la combinaison des chiffres la chance te souris tu gagnes gros ».

Habitué au loto dont les résultats sont publiés au moins trois fois par jour, ce militaire confie avoir gagné, un jour, 25 000 FCFA après avoir fait une mise de 5000 FCFA. Cupide, il fit une nouvelle mise de 5000 FCFA mais au lieu d’un gain il perdit en obtenant que 1000 FCFA.

Avertissant les accrocs à la loterie, cet homme lance : « Moi je n’encourage pas les gens à se livrer à ces jeux de hasard. C’est vrai que par moment tu peux gagner quelque chose mais lorsque tu prends l’habitude tu deviens aliéné et tu ne peux pas t’en sortir ».


Cet avertissement refreine à peine l’ardeur au jeu de beaucoup de N’Djaménois, habitués à prendre d’assaut les petits kiosques implantés dans les quartiers de la capitale. Parmi ces accros, il y a les femmes de ménage qui, en partance pour le marché, n’hésitent pas à tenter leur chance en utilisant l’argent de la popote.

Les mésaventures sont nombreuses à ce sujet comme le reconnait cette femme dénommée Louise : « Un jour, je partais au marché avec 2000 FCFA. Je me suis arrêtée pour essayer le loto tellement mes voisines en parlent. J’ai fait la combinaison des numéros avec les 2000F. Je n’ai pas gagné, donc j’étais obligée de m’endetter auprès de mes copines pour combler le vide ».

Cet homme, lui, déplore la propension au jeu que développe son épouse : « J’ai une femme qui croit que jouer à cette loterie lui ouvrira les portes du succès. Elle utilise ce qu’on donne pour la ration alimentaire. Ce qui crée toujours une incompréhension entre nous ».

Les gérants de kiosque, eux, dénoncent l’attitude de certaines de ces femmes qui, après avoir joué et perdu, demandent à être remboursées. « Cela crée tous les jours des problèmes entre elles et nous », indique, dans un sourire, ce tenancier d’un kiosque de loterie



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