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Négociations du Brexit: l’UE « ne se laissera pas impressionner » par Londres

L’Union européenne ne se « laissera pas impressionner » par ceux qui au Royaume-Uni veulent faire porter à Bruxelles la responsabilité des dégâts du retrait britannique, a averti vendredi le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit Michel Barnier.

« Nous ne nous laisserons pas impressionner, je ne me laisserai pas impressionner par cette forme de +blame game+ », le jeu des reproches instauré par « certains » au Royaume-Uni qui « cherchent à nous faire porter à nous la responsabilité des conséquences » du Brexit, a déclaré M. Barnier lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

Evoquant les discussions en cours sur la forme que prendrait la relation entre les deux parties après le Brexit, tant en matière économique que dans le domaine de la sécurité, le Français s’est étonné de la position de Londres.

« Jusqu’à présent, dans tous les documents britanniques que nous recevons et que je lis attentivement (…) il y a une demande de statu quo, une forme de continuité assez paradoxale alors que ce pays a pris lui-même la décision de quitter l’Union européenne », s’est étonné Michel Barnier.

« Ainsi le Royaume-Uni semble vouloir maintenir tous les bénéfices de la relation actuelle tout en sortant de notre cadre réglementaire, de notre cadre de supervision commune et de sa mise en œuvre », a-t-il poursuivi.

Le départ britannique est prévu fin mars 2019, et les deux camps se sont accordés sur l’idée d’une période de transition jusqu’à fin 2020, période nécessaire pour négocier un accord de libre-échange notamment, une fois le Royaume-Uni devenu un pays tiers.

« Si nous voulons construire une nouvelle relation, il faut une base de confiance, il faut aussi plus de réalisme sur ce qui est et sera possible, et sur ce qui ne l’est pas », a asséné M. Barnier.


Lors d’un dîner organisé en début de semaine, privé mais dont plusieurs médias ont obtenu un enregistrement rendu public vendredi, le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson avait évoqué l’UE comme un « ennemi » à combattre.

M. Johnson avait estimé que le risque était grand de voir le Royaume-Uni accepter un accord violant de nombreuses « lignes rouges » des tenants d’un Brexit sans concession, tel que lui le défend, maintenant le pays « emprisonné en orbite autour de l’UE, dans l’union douanière et dans une large mesure au sein du marché unique ».

« Je ne vais pas faire de commentaires sur les propos du ministre des affaires étrangères britanniques », a dit vendredi M. Barnier, même s’il a dit écouté « toujours avec attention » ce que disait M. Johnson. Et que « cette écoute est toujours stimulante », a-t-il ajouté.

Mais M. Barnier a dit percevoir dans les questions posées par M. Johnson et d’autres responsables britanniques « comme une forme de nostalgie au moment de quitter l’UE, puisqu’ils voudraient rester pratiquement partout sans plus jamais respecter le cadre réglementaire » européen.

« La seule chose que je peux dire à Boris Johnson, c’est que nous élaborons nos positions en tenant compte honnêtement et scrupuleusement des lignes rouges britanniques », a-t-il poursuivi. Et « j’aimerais bien que les britanniques respectent leur propres lignes rouges aussi », a-t-il ajouté.


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