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Nigeria: HRW met en garde contre la répression des chiites

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a demandé mercredi aux autorités nigérianes de poursuivre en justice l’armée pour avoir usé à plusieurs reprises d’une force excessive contre des manifestants chiites.

En octobre, plusieurs dizaines de personnes auraient été tuées en trois jours de manifestations dans la capitale Abuja, où les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur la foule.

L’armée affirme que six personnes sont mortes et que les soldats ont tiré pour se défendre alors que des manifestants du Mouvement islamique du Nigeria (IMN), une organisation de la minorité chiite, les avaient attaqués pour piller des armes et des munitions.

L’IMN a de son côté fait état de 49 morts et Amnesty International de 45.

Il y a trois ans, de violentes manifestations avaient déjà secoué Zaria dans le nord du pays. Des groupes de défense des droits de l’homme ont accusé les militaires d’avoir alors tué plus de 300 chiites et de les avoir enterrés dans des fosses communes, ce que l’armée a démenti.

HRW a dénoncé dans un communiqué un « climat de violence » persistant de la part des forces armées nigérianes à l’encontre des chiites.

« La répression exercée par les forces de sécurité gouvernementales contre le groupe musulman chiite IMN risque de créer des injustices qui pourraient aggraver la situation sécuritaire déjà précaire du Nigeria », a affirmé une chercheuse citée dans le texte, Aniete Ewang.

« Toute utilisation illégale de la force violente contre des processions et des manifestants risque d’être contre-productive et criminelle », a-t-elle ajouté.


HRW appelle les autorités à « mettre fin à l’impunité » et à enquêter sur les violences commises par les forces de sécurité.

L’IMN souhaitent établir un Etat islamique chiite à l’iranienne dans un pays où les sunnites sont majoritaires chez les musulmans et ne reconnait pas l’autorité d’Abuja.

Son leader, Ibrahim Zakzaky, est emprisonné depuis les manifestations qui avaient secoué Zaria en décembre 2015 et ses partisans continuent de manifester pour réclamer sa libération.

Fin 2016, un tribunal fédéral avait jugé la détention du leader chiite illégale et ordonné sa libération. Mais cette décision n’a jamais été exécutée par les autorités nigérianes.

La répression des membres l’IMN fait craindre à certains observateurs une escalade de violence, voire un scénario à la Boko Haram, dont l’insurrection dans le nord-est du Nigeria a fait plus de 27.000 morts et 2,6 millions de déplacés.

Le groupe jihadiste contestait surtout au départ la mauvaise gouvernance et la corruption. Mais Boko Haram s’est radicalisé après que 800 personnes, dont son fondateur Mohammed Yusuf, eurent été tués en juillet 2009.



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