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Nom de la Macédoine: après le référendum, bataille incertaine au Parlement

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Pouvoir et opposition ont crié victoire lundi au lendemain du référendum sur le nouveau nom de la Macédoine, avec un « oui » gagnant mais aussi une abstention massive qui fait peser l’incertitude quant à une ratification au Parlement.

L’accord de juin entre les Premiers ministres macédonien Zoran Zaev et grec Alexis Tsipras prévoit de baptiser « République de Macédoine du nord » ce petit pays pauvre des Balkans.

Il vise à clore le conflit avec Athènes qui accuse son voisin d’usurper son patrimoine historique et lui bloque la route vers l’Union européenne et l’Otan.

Selon les résultats définitifs, 91,46% des électeurs qui se sont déplacés ont voté oui, tandis que 5,65% ont voté non à cet accord.

Mais la forte abstention –près des deux-tiers des 1,8 million de citoyens inscrits n’ont pas pris part à ce référendum– ébranle la légitimité du scrutin, sur laquelle comptait s’appuyer le social-démocrate Zoran Zaev pour trouver au Parlement la majorité des deux-tiers requise.

Avec ses alliés des partis de la minorité albanaise (20 à 25% des 2,1 millions d’habitants), il lui manque onze élus.

Dans la perspective de cette bataille au Parlement, chacun offre ses lectures contradictoires de la souveraineté populaire.

– Chacun sa souveraineté populaire –

« Plus de 90% du total des votes sont pour le oui, donc désormais c’est au tour du Parlement de confirmer la volonté de la majorité », a déclaré à l’AFP Zoran Zaev.

Le patron de l’opposition de droite (VMRO-DPMNE), Hristijan Mickoski lui a répondu que « le gouvernement avait perdu sa légitimité », « que la seule chose qu’il (restait) à faire était de respecter la volonté du peuple » qui résiderait à ses yeux dans la masse de ceux qui, comme lui, ont répondu aux appels au boycottage.

« Plus de 600.000 citoyens ont voté Oui », se réjouissait lundi le quotidien progouvernemental Sloboden Pecat. « Echec du référendum, la Macédoine se dirige vers de nouvelles élections », riposte son concurrent Vecer, favorable à l’opposition.

Pour les opposants, le scrutin est rendu invalide par une disposition constitutionnelle qui exige un quorum de 50% pour les référendums contraignants. Mais Zoran Zaev réplique que le référendum était consultatif et que cette barre n’a pas à être atteinte.

Selon l’analyste politique Albert Musliu, du fait de l’appel au boycottage, il n’était pas possible d’espérer plus de « 700.000 votants, au maximum », contrat quasiment rempli. Les quelque 610.000 oui représenteraient donc « la force politique la plus importante dans l’histoire des élections macédoniennes », renchérit son confrère Petar Arsovski.


« Tout le monde sait que les listes ne sont pas à jour », que le chiffre d’1,8 million de votants est « gonflé » quand la réalité se situerait entre 1,4 et 1,5 million en raison d’une émigration de masse, dit l’universitaire français spécialiste des Balkans, Loïc Tregoures. Aucun recensement n’a été effectué depuis 2002.

– Vers des élections –

Convaincre onze députés de droite de faire défection semble compliqué, même si le VMRO-DPMNE est divisé.

La ministre de la Défense Radmila Sekerinska a expliqué lundi que son gouvernement se donnait une semaine pour les trouver, faute de quoi seront « organisées des élections parlementaires anticipées ».

Une issue probable pour le commentateur politique Aco Abranov: « Zaev ne va pas réussir au Parlement et nous aurons bientôt des élections (…) », prédit-il.

Les Occidentaux ont répété qu’il n’y avait pas de plan B.

« La porte de l’Otan est ouverte, mais toutes les procédures nationales doivent être achevées », a tweeté le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

Le gouvernement grec a redit que son veto ne serait pas levé tant que la question ne serait pas réglée.

La Grèce a accueilli avec circonspection ce que le journal Ethnos a décrit comme une « victoire à la Pyrrhus ».

Obtenir une ratification avant fin 2018 comme prévu dans l’accord semble difficile. Mais le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos, juge que « coller à un calendrier strict n’est pas primordial ». « Nous réalisons qu’il pourrait y avoir un petit retard ». Que cela aboutisse « en janvier, en février ou en mars, n’est pas une question majeure », a-t-il dit.

A Bruxelles, la Commission européenne a estimé que la victoire du « oui » constituait une « chance historique » pour l’avenir européen du pays.

« Il appartient maintenant à tous les acteurs politiques et institutionnels d’agir dans le cadre de leurs responsabilités constitutionnelles au-delà des lignes partisanes », a ajouté la commission.


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