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Nom de la Macédoine : faible participation à un référendum « historique »

La perspective de se réconcilier avec la Grèce et de s’arrimer à l’Europe semblait insuffisante dimanche pour mobiliser massivement les Macédoniens, appelés à accepter par référendum un changement de nom de leur petit pays

A 15H00 GMT, deux heures avant la fermeture des bureaux de vote, la participation était d’environ 29%, a annoncé la commission électorale.

Même si ce scrutin n’est que consultatif, une trop faible participation affaiblirait le camp du « Oui » et au premier chef le Premier ministre social-démocrate Zoran Zaev, avant une ratification par le Parlement qui requerra le vote des deux tiers des députés, une majorité dont il ne dispose pas.

Très discrets jusqu’alors, les promoteurs d’une campagne d’appel au boycottage orchestrée sur les réseaux sociaux ont annoncé dès le début de l’après-midi un rassemblement de célébration en soirée devant le parlement. Ils entendent insister sur la faible mobilisation pour saper la légitimité du référendum.

Si elle se confirmait, la forte abstention ne pourrait uniquement s’expliquer par le beau temps et les électeurs de la seule diaspora, qui seraient 3 à 400.000 (sur 1,8 million), selon les estimations.

Sous couvert d’anonymat, des responsables macédoniens n’ont pas caché dimanche leur inquiétude de ne pas voir atteinte la barre des 50% de participation, objectif affiché deux jours plus tôt.

– Un nom imposé –

« Nous n’avons pas de problèmes de nom ou d’identité ici… Nous avons un problème sur le fait que quelqu’un d’autre nous l’impose », dit Ana Bobinkova Mijakovska, une professeure de philosophie de 47 ans qui milite pur le boycottage. Cet appel a été relayé par le président Gjorge Ivanov, proche de la droite nationaliste, dont le rôle est honorifique.

La décision des électeurs qui ont glissé un bulletin « Oui », a souvent été emportée par le pragmatisme plus que par l’enthousiasme.

Le référendum « changera les choses si cela nous ouvre la porte de l’Europe et de l’Otan », a ainsi expliqué Olivera Argirovska, une ancienne infirmière de 74 ans allée voter au lycée Tito de Skopje.

Pays pauvre des Balkans qui a payé son isolement d’un marasme économique persistant, la Macédoine entend intégrer ces organisations, de stabilité et de prospérité pour beaucoup.

Cette quête est entravée par le veto de la Grèce, pour lquelle le nom de Macédoine est exclusivement celui de sa province septentrionale, autour de Thessalonique.


Depuis l’indépendance de cette ex-république yougoslave en 1991, les Grecs crient à l’usurpation d’identité, à la spoliation d’héritage, notamment de celui d’Alexandre Le Grand. Ils soupçonnent leurs voisins, majoritairement slaves, de dissimuler des ambitions territoriales.

Achevées en 2017, les années au pouvoir de la droite nationaliste macédonienne (VMRO-DPMNE) ont encore tendu les relations. Le pays s’est alors couvert de statues et de références à Alexandre Le Grand et à son père Philippe de Macédoine.

Mais en juin, Zoran Zaev a signé un accord avec son homologue grec Alexis Tsipras : si le nom de « République de Macédoine du Nord » devait être adopté, Athènes cesserait de faire barrage à l’adhésion à l’Otan et à l’UE.

– « C’est du chantage » –

Pendant la campagne, c’est sur cet enjeu qu’a insisté le pouvoir, recevant le soutien de nombreux responsables occidentaux. Sur les murs de Skopje, la capitale, les « Oui à une Macédoine européenne » ont été affichés en lettres rouges, un appel à prendre part à une « décision historique ».

Mais les mots de « Macédoine du Nord » n’apparaissaient pas plus que dans la question du référendum : « Êtes-vous pour l’adhésion à l’UE et à l’Otan, en acceptant l’accord » avec la Grèce ?

« Je comprends ce que ressentent les Macédoniens (…), c’est du chantage », réagiit Abedin Memeti, un membre de la minorité albanaise. « Mais l’UE et l’Otan sont plus importantes pour nous tous », dit le jeune homme qui a voté « oui », comme la majeure partie de sa communauté (20 à 25% des 2,1 millions d’habitants).

Pour Borjan Jovanovski, un journaliste spécialiste des questions européennes, l’UE « est la seule force cohérente pouvant préserver la paix entre religions et communautés ethniques dans un pays aussi mélangé que la Macédoine » qui, épargné par les guerres des années 1990 dans l’ex-Yougoslavie, a failli basculer en 2001 quand des affrontements ont éclaté entre une guérilla albanaise et les forces macédoniennes.

Un accord de paix a octroyé des droits plus importants aux Albanais que le Premier ministre de l’Albanie voisine Edi Rama a appelé à voter massivement.

Le résultat est attendu pour le début de soirée.


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