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Ouverture du plus gros barrage hydroélectrique du Cambodge, avec l’aide de Pékin

Le Premier ministre cambodgien Hun Sen a inauguré lundi le plus grand barrage hydroélectrique jamais construit dans ce pays de la région du Mékong, avec le soutien financier de la Chine, malgré l’impact environnemental et le déplacement de milliers de villageois.

« La plupart des gens soutiennent ce projet, mais certains villageois créent des difficultés, y étant poussés par des étrangers », a déclaré celui qui dirige le Cambodge d’une main de fer depuis plus de trente ans, lors de cette inauguration diffusée sur la télévision nationale.

Ce barrage de 400 mégawatts, baptisé Lower Sesan 2, doit booster le réseau électrique cambodgien, à partir de cette énergie créée à partir d’un affluent du Mékong, dans la province de Stung Treng, dans le nord-est du pays.

Ce méga projet de près de 700 millions d’euros est le fruit d’une alliance entre la compagnie cambodgienne Royal Group (qui détient 39%), la compagnie publique chinoise Hydrolancang International Energy (51%) et le groupe EVN International, basé au Vietnam (10%).

Au bout de 40 ans d’opération, le barrage appartiendra au Cambodge.


Outre les inquiétudes de l’ONU, l’ONG International Rivers dénonce « un impact écologique catastrophique » sur les stocks de poisson et l’environnement de cet affluent du Mékong. Des milliers de villageois ont dû quitter bon gré mal gré leurs villages, désormais submergés.

Avec plus de 4.800 kilomètres de long, le Mékong abrite la biodiversité aquatique la plus importante du monde après l’Amazone, avec notamment 1.300 espèces de poissons. Et il est vital pour la survie des 60 millions de personnes vivant directement du fleuve en Asie du Sud-Est.

Pourtant, c’est plus au nord que tout se joue: les dirigeants chinois détiennent entre leurs mains l’avenir du fleuve. Pékin a déjà construit six barrages sur le cours supérieur du Mékong et investi dans plus de la moitié des 11 barrages prévus plus au sud, d’après l’ONG de défense de l’environnement International Rivers.

En contrôlant le débit en amont, la Chine possède un énorme moyen de pression. Ainsi en 2016, Pékin a permis au Vietnam d’atténuer les effets d’une grave sécheresse en ouvrant les vannes.

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