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Pakistan: Imran Khan, une ex-star du cricket aux portes du pouvoir

Ancien champion de cricket au physique avantageux, l’opposant politique Imran Khan semble bien placé pour remporter les élections législatives mercredi au Pakistan, même si ses rivaux l’accusent de manque de fair-play.

Agé de 65 ans, et bien qu’il ait dédié les deux dernières décennies à la politique, M. Khan reste idolâtré par des millions de Pakistanais pour avoir mené l’équipe nationale de cricket, sport roi dans le pays, à sa seule victoire en Coupe du monde en 1992.

De récents sondages donnent à son parti, le PTI, l’avantage à l’échelle nationale par rapport à son principal rival, le PML-N, au pouvoir depuis 2013, mais en difficulté suite aux déboires judiciaires de son ancien chef, Nawaz Sharif, actuellement emprisonné.

Celui-ci, destitué de manière controversée du poste de Premier ministre l’an dernier pour corruption et interdit de se présenter depuis, a été remplacé à la tête du parti par son frère Shahbaz, un adversaire jugé beaucoup moins redoutable pour Imran Khan.

La puissante armée pakistanaise est par ailleurs ouvertement accusée d’avoir interféré en sous-main pour favoriser la campagne d’Imran Khan et affaiblir celle de ses rivaux, ce qu’elle dément, et lui à l’unisson.

L’ex-« capitaine », dont le symbole électoral est une batte de cricket, a largement bâti sa campagne sur la lutte contre la corruption, insistant à la moindre occasion sur la vénalité supposée des Sharif. Réformiste, il promet l’avènement d’un « Etat-providence islamique ».

Connu autrefois en Occident comme un ancien sportif d’exception aux nombreuses conquêtes, Imran Khan affiche aujourd’hui un visage beaucoup plus conservateur au Pakistan, où il se présente comme un dévot musulman, le chapelet à portée de main. « Il joue la carte religieuse », observe la journaliste Arifa Noor.

Certains le surnomment « Taliban Khan » et l’attaquent pour ses appels répétés au dialogue avec des groupes insurgés violents et pour l’alliance – assumée – de son parti avec un religieux surnommé « père des talibans », Sami ul Haq.

Il est aussi dépeint comme impulsif et flirte parfois avec des thèmes religieux comme la controversée loi sur le blasphème. Il a récement déclaré que le féminisme avait « dégradé le rôle de la mère ».

Mais pour ses très nombreux partisans, M. Khan est incorruptible et généreux, lui qui a passé des années après sa retraite sportive à construire des hôpitaux ainsi qu’une université.

Parfois comparé au président américain Donald Trump pour ses accents populistes et ses tirades sur Twitter, il juge pour sa part le parallèle « ridicule », déclarait-il à l’AFP dans un entretien en février dernier.

– « Préparés » –

Son parti, le Tehreek-e-Insaf – ou PTI, qui signifie « Mouvement pour la justice au Pakistan », a été fondé en 1996, mais a longtemps dû se contenter d’une poignée de sièges.


Sa popularité a explosé en 2012, portée par les millions de Pakistanais l’ayant idolâtré, plus jeunes, alors qu’il brillait dans les stades.

Les classes moyennes, fatiguées de la corruption endémique et lassées de voir les mêmes leaders de partis traditionnels issus de grandes familles monopoliser le pouvoir depuis des décennies, se retrouvent dans ses slogans.

Les élections législatives de 2013 lui permettent de ravir la province du Khyber Pakhtunkhwa (KP), dans le Nord-Ouest, et de se poser comme premier parti d’opposition à l’échelle nationale face au PML-N de Nawaz Sharif.

A l’issue de la législature, il reconnaîtra toutefois que le PTI a péché par manque d’expérience dans sa gestion de cette province pauvre et minée par des problèmes de sécurité.

Une page qu’il affirme tournée. « Pour la première fois, nous irons aux élections préparés », assurait-il en février. « On apprend de nos erreurs. »

– Trois mariages –

Né en 1952 dans une riche famille de Lahore, Imran Khan a étudié dans les meilleures universités pakistanaises et anglaises.

Diplômé d’Oxford, il se fait rapidement remarquer au cricket dans des clubs anglais. A 19 ans, il débute en sélection nationale du Pakistan et devient le meilleur joueur de l’histoire du cricket pakistanais.

Suivirent la retraite sportive et ses années « play-boy », très entouré dans les boîtes de nuits les plus sélects de Londres, jusqu’à son mariage avec Jemima Goldsmith, fille du magnat financier franco-britannique Jimmy Goldsmith, en 1995.

Elle se convertit à l’islam, et le couple aura deux garçons avant de divorcer en 2004. Son deuxième mariage, avec la présentatrice Reham Khan, se termine en octobre 2015, n’ayant duré que dix mois.

Imran Khan a convolé début 2018 en troisièmes noces avec une femme présentée comme sa conseillère spirituelle, Bushra Wattoo. De rares clichés pris lors de la cérémonie montrent la mariée portant un hijab blanc et un voile rouge lui dissimulant le visage, signe de conservatisme au Pakistan.


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