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Pétroliers saisis: les tensions entre Londres et Téhéran

De l’arraisonnement au large de Gibraltar d’un pétrolier iranien à celui d’un tanker britannique dans le détroit d’Ormuz par l’Iran, rappel de plus de deux semaines de tensions entre Téhéran et Londres.

– Le Grace 1 saisi à Gibraltar –

Le 4 juillet, un navire-citerne iranien, le Grace 1, est arraisonné au large de Gibraltar (extrême sud de l’Espagne), par la police et les douanes de ce territoire britannique, assistées d’un détachement de Royal Marines britanniques.

Le gouvernement de Gibraltar soupçonne que la cargaison de ce bâtiment de 330 mètres était destinée à la Syrie, « en violation » des sanctions de l’Union européenne. Damas est la cible depuis le début du conflit en 2011 de sanctions internationales, qui touchent notamment son secteur pétrolier.

« Nous avons des raisons de croire que le Grace 1 amenait sa cargaison de pétrole brut à la raffinerie de Banias en Syrie », déclare le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo.

Selon le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrell, l’opération aurait eu lieu à la suite d’une « demande adressée par les Etats-Unis au Royaume-Uni ». Mais Gibraltar affirmera avoir agi de son propre chef.

– Menaces iraniennes –

L’Iran convoque l’ambassadeur britannique pour dénoncer une « interception illégale ». Il demande la « libération immédiate » du pétrolier et évoque un acte de « piraterie ».

Mohsen Rezaï, ex-commandant en chef des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, suggère que l’Iran saisisse un pétrolier britannique en rétorsion.

Le 7, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi affirme que le pétrolier n’allait pas en Syrie.

Le 10, le président iranien Hassan Rohani déclare que la Grande-Bretagne mesurera un jour les « conséquences ».

Le même jour, la marine militaire iranienne tente, selon Londres, « d’empêcher le passage » d’un pétrolier britannique dans le détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la Révolution nient toute « confrontation » avec des navires étrangers.

Le 13, le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt affirme que le pétrolier sera rendu si l’Iran apporte des « garanties sur sa destination ».

L’Iran « ne laissera pas cette malveillance sans réponse. Nous y répondrons au moment et à l’endroit opportuns », déclare le 16 juillet le guide suprême Ali Khamenei.


Le 19, la Cour suprême de Gibraltar prolonge pour 30 jours l’immobilisation du pétrolier.

– Le Stena Impero saisi par l’Iran –

Quelques heures plus tard, les Gardiens annoncent avoir « confisqué » un pétrolier battant pavillon britannique, le Stena Impero, dans le détroit d’Ormuz pour « non respect du code maritime international ».

Selon un responsable iranien, le navire est « entré en collision avec un bateau de pêche ».

Le tanker, propriété d’un armateur suédois, est emmené au port de Bandar Abbas (sud), selon les autorités portuaires locales.

Londres dénonce une « saisie inacceptable », Washington une « surenchère de la violence ».

Le 20, le Royaume-Uni exhorte l’Iran à apaiser les tensions dans le Golfe en libérant le pétrolier. Il convoque le chargé d’affaires iranien à Londres et recommande aux navires britanniques de rester « en dehors de la zone » du détroit d’Ormuz pour une « période provisoire ».

Pour Jeremy Hunt, la saisie du Stena Impero est une mesure de représailles à celle du Grace 1. Il assure que les situations des deux pétroliers n’avaient rien à voir. « Le Grace 1 a été (saisi) légalement dans les eaux de Gibraltar (…) en violation des sanctions de l’UE. (…) Le Stena Impero a été saisi dans les eaux omanaises en violation flagrante du droit international ».

L’Allemagne, la France, l’Union européenne et l’Otan somment l’Iran de relâcher le navire.

L’enquête « dépendra de la coopération de l’équipage », déclare le lendemain un responsable iranien. Londres récuse la version iranienne de l’incident.

– « Mesure légale » –

Le 22, le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii, déclare que la saisie du pétrolier britannique est une « mesure légale » nécessaire pour « assurer la sécurité régionale ».

« Le navire a été saisi sous des prétextes faux et illégaux et les Iraniens devraient le libérer immédiatement avec son équipage », affirme le porte-parole de la Première ministre Theresa May.



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