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Pilotes, « broker », commanditaire… Qui est qui dans le feuilleton « Air Cocaïne »

Pilotes, passagers, commanditaire présumé, voici les protagonistes de l’affaire Air Cocaïne jugée à partir de lundi devant une cour d’assises spéciale à Aix-en-Provence :

– Dans le cockpit du Falcon 50 où près de 700 kilos de cocaïne ont été saisis en mars 2013, Bruno Odos et Pascal Fauret

Anciens pilotes de chasse habilités à transporter l’arme nucléaire, reconvertis dans l’aviation d’affaires, jamais inquiétés par la justice auparavant, Bruno Odos, 59 ans, et Pascal Fauret, 58 ans, étaient aux commandes du Falcon 50 rempli de cocaïne découvert en République Dominicaine.

La justice les soupçonne d’avoir assuré d’autres rotations entre les Caraïbes et la France. Condamnés à vingt ans de prison en République Dominicaine, ils sont parvenus à s’enfuir clandestinement en 2015 –des faits qui ne seront pas jugés devant la cour d’assises.

Selon l’accusation, ils ne pouvaient ignorer ce qu’ils transportaient. Eux assurent le contraire et se retranchent derrière les règles de l’aviation d’affaires. Ils ont reçu le soutien du monde du pilotage après leur arrestation. Mais un de leurs collègues dira aux enquêteurs: « Il y a deux solutions: ou ils sont neuneus, ou ils sont dans le coup ».

– Sur le siège passager, Nicolas Pisapia et Alain Castany

Nicolas Pisapia, 43 ans, était passager du Falcon 50. Il est soupçonné d’être l’homme de confiance qui convoyait les bagages pleins de drogue, réservait les hôtels ou accompagnait d’autres membres du réseau dans leurs déplacements.

C’est le dernier accusé encore en République Dominicaine, sous contrôle judiciaire, dans l’attente d’une décision de cassation sur sa condamnation en appel à vingt ans de prison. Son avocat, Me Julien Pinelli avait demandé la disjonction de son cas et l’a obtenue.

Doyen des accusés, Alain Castany, 72 ans, un apporteur d’affaires, « broker » dans le jargon de l’aviation d’affaires, a été arrêté lors du coup de filet à Punta Cana. Cet ancien pilote a été condamné lui aussi à 20 ans de prison, en première instance et en appel, par la justice dominicaine.

Les cas d’Alain Castany et de Nicolas Pisapia, ont été disjoints de ceux des neuf accusés jugés lundi, le premier pour raison médicale, le second car il est retenu en République dominicaine. Ils seront jugés plus tard.

– Derrière les barreaux, Ali Bouchareb


Seul accusé encore en détention préventive, Ali Bouchareb, 47 ans, est considéré par la justice comme le commanditaire de ce trafic international, grâce à ses contacts aux Antilles et en Amérique Latine.

L’ombre de ce fugitif, déjà condamné pour trafic de cocaïne, a longtemps plané sur le dossier. Jusqu’à ce que la police espagnole l’arrête, dans une autre affaire, en train de décharger 420 kilos de cocaïne péruvienne et des armes.

– Franck Colin, le « self made man » de Bucarest

Marié à une riche Roumaine, âgé de 47 ans, il vivait à Bucarest et dirigeait plusieurs sociétés. Il voyageait souvent à travers l’Europe et aux Caraïbes, menant grand train. Celui qui se décrit comme un « self made man » d’origine modeste, ayant réussi à devenir garde du corps de personnalités des affaires et du show-biz, apparaît comme la cheville ouvrière du trafic.

Pendant l’instruction, il a tenté –en vain– de convaincre les juges qu’il était un agent infiltré, militant anti-drogue, qui participait au trafic pour en faire tomber les dirigeants.

– François-Xavier Manchet, le douanier

Ce douanier en poste à Toulon est accusé d’avoir aidé les trafiquants à faire entrer leur drogue en France, via Saint-Tropez La Mole, un aéroport international discret, spécialisé dans l’aviation d’affaires. Il les aurait aidés à blanchir quelque 500.000 euros.

– Quatre personnages secondaires

Pierre-Marc Dreyfus, le patron de la société SNTHS qui opérait l’avion privé dans des conditions douteuses, et ce avec de multiples partenaires, dont Fabrice Alcaud, un autre accusé.

Michel Ristic, un proche d’Ali Bouchareb, et Henri Bartolo, un ami de Franck Colin.

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