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Pittsburgh honore la mémoire de deux frères, unis dans la vie comme dans la mort

Cecil et David Rosenthal, frères inséparables dans la vie comme dans la mort, étaient des membres aimés et chéris de la communauté juive de Pittsburgh, deux âmes dévouées à leur synagogue, où leurs vies ont été brutalement fauchées.

La ville fait mardi ses adieux à ce duo, à l’occasion des premières funérailles des victimes de la tuerie de Pittsburgh, la pire attaque antisémite de l’histoire américaine.

Agés respectivement de 59 et 54 ans, Cecil et David, qui habitaient ensemble et souffraient de troubles du développement, étaient les plus jeunes des onze fidèles tués samedi.

« Je suis vraiment anéantie, ils étaient tellement adorables », confie Arlene Wolk, qui les connaissaient tous les deux par la synagogue. « Je ne peux toujours pas croire que quelqu’un puisse avoir assez de haine en lui pour entrer dans un lieu de prière et y tuer des gens ».

Les deux frères vivaient dans le quartier de Squirrel Hill, au coeur de la communauté juive de cette ville qui a fait sa fortune sur l’acier. Ils saluaient toujours leurs voisins et ne rataient jamais un service à la synagogue Tree of Life, où ils ont été brutalement assassinés en plein office, le jour du repos hebdomadaire juif, le shabbat.

Mardi, leurs funérailles se tenaient au temple Rodef Shalom, à seulement six minutes en voiture de là, par une de ces journées d’automne où les feuilles passent du jaune foncé au roux, sous un grand ciel bleu.

Jeff Izenson, l’une des personnes assistant à cette cérémonie privée, a connu la famille et travaillé avec leur mère.

« Ils étaient les personnes les plus gentilles qui soient et n’auraient pas fait de mal à une mouche », dit-il à l’AFP en se rendant à la cérémonie avec sa femme. « Les mots ne peuvent pas décrire à quel point tout cela est horrible et lâche ».

– « Tout le temps joyeux » –

« Ils formaient une part importante de la communauté juive », abonde Donald Pasquarelli, qui se rappelle des frères comme de personnes douces, franches et très bavardes, et dévoués pour les habitués de la synagogue, où lui-même avait travaillé pour s’occuper de la sécurité.

« Il n’y avait aucune mauvaise pensée en eux », raconte-t-il devant le temple. « Lorsque nous préparions des événements ici, ils ne manquaient jamais à l’appel ».

Ils aimaient parler aux officiers de police et étaient « quasiment tout le temps joyeux », ajoute-t-il. « L’un d’eux pouvait dire +hé, garde un oeil sur l’autre frère+. Ils voulaient toujours savoir si on allait revenir le jour suivant ».


Plus tôt dans sa carrière, il se rappelle que l’un d’eux s’arrêtait chaque jour devant le poste de police, simplement pour discuter.

« Le personnel l’adorait », se remémore-t-il. « Pour moi, ils n’avaient absolument aucun handicap, ils étaient juste de chics types ».

C’est lorsque leur photographie a été affichée avec leurs noms que M. Pasquarelli a été le plus ému. « Cela m’a touché, cela a touché mes autres associés. C’est professionnel et personnel », explique-t-il.

– « Un ange » –

Deborah Brower, qui a travaillé pendant des années pour une organisation prodiguant de l’aide aux deux frères, nommée ACHIEVA, pleure deux âmes qui « n’auraient pas pu être meilleures ».

Cecil s’arrêtait régulièrement à son bureau pour apporter le courrier ou rendre visite. « Disons simplement qu’il avait un don pour le relationnel, la gentillesse et l’humour », rapport-t-elle. « Il n’apportait pas seulement le courrier, mais aussi la lumière ».

Un jour, en se rendant au travail en transports en commun, elle se rappelle être tombée sur Cecil, qui s’était proposé de l’aider.

« Il m’a aidé à me diriger dans les rues et entre les différents bus », écrit-elle. « J’étais entre les mains d’un ange ».

Le rabbin Jeffrey Myers, de la synagogue Tree of Life, en charge du service en leur honneur, avait dit avant la cérémonie que celle-ci célèbrerait « deux êtres humains extraordinaires ».

Il ne peut y avoir aucune explication, a-t-il dit à la chaîne de télévision CNN, à leur mort insensée, comme à l’assassinat de neuf autres fidèles, abattus à bout portant.

Les deux frères ne manquaient jamais un service le samedi. Cette dévotion leur a coûté la vie.



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