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Politique et crise anglophone en couverture des journaux camerounais

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La politique et la mal-gouvernance occupent le haut de l’affiche des journaux camerounais parus mardi, avec en prime l’interminable crise sécessionniste anglophone et ses ravages multiformes.Y a-t-il encore une sphère qu’on pourrait considérer comme relevant du secret au sommet de l’État ? Le quotidien à capitaux privés Mutations, sous le titre «Fuite de documents confidentiels : la passoire présidentielle», s’émeut de ce que des informations hautement sensibles, provenant de la présidence de la République, sont abondamment divulguées sur les réseaux sociaux.

Le dernier exemple en date, explique le journal, est cette note du directeur du protocole d’État à la présidence de la République, Simon Pierre Bikele portant sur des mesures sécuritaires pour un plan de voyage du chef de l’État Paul Biya en Suisse et qui s’est retrouvé sur la place publique en quelques heures seulement.

C’est qu’il n’y a plus de secrets au Palais et que Paul Biya est en danger, rétorque L’Épervier qui fait état d’une situation plus que jamais préoccupante et d’un risque d’insécurité généralisée, se demandant dès lors à quoi servent désormais les services de renseignement pour stopper le phénomène.

Il semble s’agir, prolonge Mutations, de la conséquence de batailles de succession à la magistrature suprême «sur fond de neutralisation du pouvoir d’Etat».

Et, au cœur de ce pouvoir qui suscite tans de sarcasmes, Le Point Hebdo s’en prend violemment au secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, qualifié de «l’antre du mal» et accusé de criminaliser les collaborateurs de Paul Biya.

Se posant désormais en alternative, l’homme, explique l’hebdomadaire, s’exhibe comme le vrai preneur de décisions, mettant son patron en retraite anticipée et est, surtout, au cœur des «rapines» ayant valu le retrait au Cameroun de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football 2019.

Délaissant ce terrain glissant, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune préfère se pencher sur les profils des personnels communaux à l’ère de la décentralisation : le recensement pilote en cours de ces employés, explique la publication, s’effectue au moment où il est constaté que leurs qualifications ne correspondent pas toujours aux postes occupés et surtout aux besoins des collectivités territoriales décentralisées, considérées comme de véritables pôles de développement local.


A propos des communes et de leur financement, Le Quotidien de l’Économie annonce, en titre principal, que 360 d’entre elles vont d’échapper à l’insolvabilité : en difficulté depuis 2016, du fait de la pratique de l’unicité des caisses, elles viennent de reprendre espoir avec l’ouverture d’un compte séquestre de centimes additionnels dans les livres de la Banque centrale.

Et le quotidien spécialisé de constater, perfidement, que cette mesure économique aux effets politiques intervient à la veille d’élections municipales où le pouvoir de Yaoundé joue gros sa crédibilité.

Les cadeaux électoraux du gouvernement concernent aussi la Cameroon Development Corporation (CDC), prolonge The Guardian Post qui annonce l’octroi, par les pouvoirs publics, d’une subvention de 46 milliards FCFA à cette entreprise, le plus gros employeur du pays après l’Etat, aujourd’hui quasiment ruinée du fait de la crise sécessionniste qui sévit depuis octobre 2016 dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

La crise anglophone est, justement, le sujet principal de ce quotidien de langue anglaise à propos des leaders sécessionnistes extradés du Nigeria en début 2018, actuellement poursuivis entre autres pour terrorisme et propagation de fausses informations, et qui sont entrés en rébellion en décidant de boycotter les audiences du tribunal militaire de Yaoundé, la capitale.

Les avocats du leader séparatiste Ayuk Tabe et de ses 9 lieutenants, souligne The Horizon sur le sujet,demandent au chef de l’Etat nigérian, Muhammadu Buhari, d’appliquer la décision de la Haute cour de justice de son pays de faire revenir dans ce pays voisin ces personnes, considérées comme victimes d’un enlèvement perpétré par le régime de Yaoundé.



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