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Politique et gouvernance en couverture des journaux camerounais

Le fiasco annoncé de la Conférence générale anglophone est en bonne place dans les journaux camerounais parus mardi, et qui s’intéressent également à la gouvernance.Les nouvelles venant de Buea (Sud-Ouest) ne sont pas bonnes, selon The Guardian Post, qui annonce un éventuel deuxième report de la Conférence générale anglophone prévue pour s’ouvrir dans cette ville mercredi.

 D’abord prévues les 29 et 30 août, ces assises de deux jours, initiées par le cardinal Christian Tumi, le révérend George Babila Fochang de la Presbyterian Church in Cameroon, l’imam Alhadji Mohammed Aboubakar de la mosquée centrale de Buea et l’imam Turkur Mohammed Adamu de la mosquée centrale de Bamenda (Nord-Ouest), entendent explorer des pistes de solution au statut de la communauté anglophone, qu’elles proposeront ensuite aux autorités.

 Seulement voilà, constate le quotidien à capitaux privés de langue anglaise, non seulement des raisons sécuritaires sont venus se greffer à l’agenda, mais en plus les organisateurs, qui devraient s’exprimer sur le sujet en journée, n’ont toujours pas obtenu l’autorisation de manifestation publique du pouvoir de Yaoundé, qui ne voyait pas déjà d’un bon œil cette initiative visant à mettre un terme à l’activisme sécessionniste.

 Et pendant ce temps, déplore Mutations, la violence se poursuit sur le terrain avec l’enlèvement, par de présumés séparatistes les 10 et 16 novembre, d’un enseignant et d’un agent de l’université de Buea, un autre double rapt en l’espace de 6 jours.

 Hostile à l’initiative des religieux, mais tout aussi embourbé dans sa guerre contre la partition du pays, le gouvernement semble par contre, selon le même journal, vouloir accélérer le processus de décentralisation, lui qui prévoit de porter le budget du nouveau département ministériel y consacré de 11,4 à 45,7 milliards FCFA en 2019, en renforçant dans le même temps l’autonomie financière des communes et l’opérationnalisation de la logique de régionalisation.

Parti politique jadis très populaire dans les régions anglophones, le Front social démocratique (SDF, opposition) a lui aussi mal à sa cohésion, fait remarquer Le Jour : après la claque reçue à l’élection présidentielle par son candidat, Joshua Osih (4ème avec 3,35%), la formation veut aujourd’hui changer de cap et annonce des changements de fond.

 Malgré le silence ayant suivi cette déconvenue, des voix s’élèvent et des divisions se font jour, mais les différents camps sont au moins d’accord sur la nécessité d’un aggiornamento, d’une autopsie froide pour repartir sur de bonnes bases.

 Une autre polémique, que Aurore Plus remet à l’ordre du jour, c’est la gestion opaque des fonds collectés en faveur du Plan d’urgence humanitaire des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, lancé le 20 juin 2018 pour une période de 18 moiset doté d’un budget estimé à plus de 12,716 milliards FCFA. 

Évoquant «une opération fantôme, sur fond d’entourloupe et de détournement de fonds publics», l’hebdomadaire rappelle la vague de solidarité soulevée par cette initiative gouvernement, aussi bien au Cameroun qu’à l’international, et qui a permis de mobiliser de fortes sommes d’argent, dont plus personne n’a de nouvelles depuis lors.


 «Au fil des semaines, et surtout à la faveur de la campagne pour l’élection présidentielle ayant cristallisé toutes les attentions, l’opinion publique a fini par oublier qu’une grosse escroquerie politico-financière est en train de se nouer sous nos cieux.»

 Et d’en appeler à «un exercice de transparence» auquel devrait logiquement se plier le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, le gestionnaire de ces fonds et qui, en 1991, avait déjà organisé une collecte de fonds tout aussi foireuse en faveur de la candidature de Paul Biya à l’élection présidentielle.

 Sur le front de la politique, et sous le titre : «Cameroun-Arabie saoudite : vision commune contre le terrorisme», le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune rend compte des entretiens, la veille, entre le président de la République, Paul Biya et le vice-ministre saoudien de la Défense, Mohammed Bin Abdullah Al-Ayesh.

Pendant près d’une demi-heure, rapporte la publication, les deux hommes ont passé en revue la fructueuse coopération entre Yaoundé et Riyad avec, en point de mire, la lutte contre l’extrémisme religieux, l’hôte du Cameroun ayant réitéré la volonté de son pays à continuer de soutenir le Cameroun dans sa croisade contre ce fléau.

 Un autre fléau qui prend e l’ampleur et fait de la résistance, c’est l’état d’insalubrité et le désordre de la capitale, Yaoundé, que L’Épervier qualifie de «ville poubelle» souffrant également du manque de routes et d’éclairage public.

 C’est cette cité, rappelle cet autre quotidien, qui accueille en juin prochain la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football, avec à sa tête un délégué du gouvernement, un poste dont la publication exige la suppression parce que contre-productif : ce super-maire omnipotent, nommé par décret du chef de l’État, règne sur des conseils municipaux élus par les populations.

Preuve qu’il n’est pas si inutile que ça, Cameroon Tribune indique que le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de la capitale, Gilbert Tsimi Evouna, vient de lancer une vaste opération d’enlèvement des véhicules abandonnés sur la voie publique, appelés à être vendus aux enchères publiques si leurs propriétaires ne s’acquittent pas des frais de fourrière.



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