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Pour la première fois, le procureur Mueller va parler de l’enquête russe

Le très discret procureur spécial Robert Mueller va pour la première fois sortir de sa réserve mercredi pour une déclaration publique consacrée à son enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016.

Le ministère de la Justice a annoncé qu’il s’exprimerait à 15H00 GMT à Washington sur les conclusions de ses investigations tentaculaires, qui ont empoisonné les deux premières années de la présidence de Donald Trump.

L’ancien chef de la police fédérale (FBI), 74 ans, ne répondra à aucune question.

Un responsable de la Maison Blanche a précisé que la présidence « avait été informée » mardi soir de son intervention, dont les détails restent inconnus.

Le procureur Mueller, un homme austère, méthodique et respecté, a mené pendant 22 mois son enquête à l’abri des regards, donnant ses coups de griffe par écrit uniquement.

Fin mars, il a rendu ses conclusions dans un document de plus de 400 pages, qui a été publié le 18 avril sous une version expurgée de nombreuses données présentées comme confidentielles.

Dans son volumineux rapport, le procureur Mueller confirme l’existence de « nombreux liens » entre la Russie et des membres de la campagne du candidat républicain, mais estime ne pas avoir de preuves d’une quelconque collusion.

Sur le second volet de l’enquête, les soupçons d’entrave à la justice pesant sur Donald Trump, M. Mueller se montre moins définitif. Il détaille des pressions troublantes exercées par le président sur son enquête, à commencer par une tentative de le limoger, sans se prononcer sur les suites à donner.

– destitution –


Destinataire de ce rapport, le ministre de la Justice Bill Barr a immédiatement jugé ne pas avoir de « preuves suffisantes » pour ouvrir des poursuites pour entrave à la justice contre le milliardaire républicain.

Depuis, Donald Trump se dit totalement exonéré. Il n’y a eu « ni collusion, ni entrave », répète-t-il à l’envi, impatient de tourner la page et de se lancer dans sa campagne de réélection.

Mais l’opposition démocrate n’est pas convaincue. Elle accuse Bill Barr de couvrir le président et cherche à en savoir plus.

Forte de sa majorité à la Chambre des représentants, elle a exigé d’avoir accès au rapport Mueller dans son intégralité. Elle a convoqué plusieurs témoins et souhaite auditionner Robert Mueller en personne.

L’enjeu pour les démocrates est de décider s’il est opportun d’engager une procédure de destitution à l’encontre du président.

Certains membres du parti le souhaitent, mais ses leaders sont frileux face à cette option vouée à l’échec compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat et qui risque d’occulter les autres enjeux de la campagne pour 2020.

« Les démocrates n’aiment pas la conclusion de l’enquête Mueller – pas de collusion, pas de complot, pas d’entrave à la justice- et veulent tout recommencer, bien que ce soit inutile et coûteux », a dénoncé récemment la Maison Blanche, qui a refusé plusieurs des demandes de la Chambre.

Le président a ainsi usé de ses prérogatives présidentielles pour empêcher l’ancien avocat de la Maison Blanche Don McGahn, l’un des témoins-clés de Robert Mueller, de témoigner au Congrès.



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