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Présidentielle au Brésil: les candidats mobilisés à la veille du vote

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Les candidats à la présidentielle jetaient leurs dernières forces samedi dans la bataille pour séduire les indécis, à la veille du scrutin le plus incertain de l’Histoire récente du Brésil, dont le grand favori est le député d’extrême droite Jair Bolsonaro.

La campagne a pris fin officiellement jeudi soir, avec le dernier débat entre les , mais les prétendants à la fonction suprême continuaient d’occuper le terrain, en particulier sur les réseaux sociaux.

La bataille faisait rage entre les deux favoris, Jair Bolsonaro et le candidat de gauche, Fernando Haddad, qui tentaient de convaincre les électeurs à coups de tweets.

« Pendant de nombreuses années, les Brésiliens devaient choisir entre des candidats qui ne les représentaient pas. Aujourd’hui, c’est différent ! Nous aimons le Brésil, nous défendons la famille et l’innocence des enfants, nous traitons les criminels comme ils doivent l’être et nous ne sommes pas impliqués dans des scandales de corruption », a tweeté le candidat d’extrême droite.

Son principal rival, Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs (PT), qui a remplacé au pied levé comme candidat l’ex-président de gauche Lula, sonnait aussi le rappel.

« En ce moment, toute voix compte: tout débat, toute conversation, tout matériel de campagne qui est distribué est une bonne nouvelle, ainsi que les réponses aux mensonges », a-t-il lancé.

Samedi matin, Fernando Haddad a revu son agenda à la dernière minute pour participer à une « marche pour la victoire » à Feira de Santana, dans l’Etat de Bahia (nord-est). Si les candidats ne peuvent plus organiser de meeting, ils peuvent toutefois apparaître en public.

– « Pour notre sécurité, pour la nation  » –

Il tentait de contrecarrer l’offensive menée vendredi, à distance, par le candidat d’extrême droite sur les Etats pauvres du Nord-est. Jair Bolsonaro, qui progresse également dans ce fief traditionnel du PT selon les sondages, avait accordé deux entretiens à des radios du Pernambouc, dont Lula est originaire.

Dans une démonstration de force, plusieurs milliers de partisans du candidat d’extrême droite, drapeaux du Brésil au vent, ont défilé en voiture devant le Parlement de Brasilia.

Cacio de Oliveira, un fonctionnaire qui a participé à la manifestation, s’enflamme: « Si on n’a pas Bolsonaro, on va devenir le Venezuela. Pour notre sécurité, pour la nation, pour moins d’Etat, Bolsonaro président ! ».

A Sao Paulo, environ 2.000 manifestants anti-Bolsonaro se sont rassemblés sous la pluie aux cris du désormais fameux « Ele, nao » (Pas lui)


Le week-end dernier, la massive de dizaines de milliers de femmes contre le candidat d’extrême droite n’avait pas eu les effets escomptés: tout au long de la semaine, l’ex-capitaine de l’armée n’a cessé de grimper dans les sondages.

La dernière enquête d’opinion de l’institut Datafolha le crédite de 35% des intentions de , 13 points devant Fernando Haddad.

Les deux favoris devancent largement le troisième candidat, Ciro Gomes (centre gauche), qui stagne à 11%.

Datafolha doit publier samedi soir un dernier sondage, qui confirmera ou non cette tendance à la veille du scrutin.

La progression de M. Bolsonaro dans la dernière ligne droite est si fulgurante que certains analystes n’excluent pas qu’il puisse l’emporter dès le premier tour, comme il en a lui-même la conviction.

– Faire connaître son vote –

Du fond de sa cellule de Curitiba (sud), Lula a lui-même diffusé le programme de gouvernement du PT et appelé ses partisans à « faire connaître leur vote en faveur de Haddad sur les réseaux sociaux ».

Le PT a gouverné le Brésil de 2003 à 2016, un règne de 13 ans qui a pris fin brutalement avec la destitution de Dilma Rousseff, la dauphine de Lula.

Le parti s’est assuré un grand réservoir d’électeurs grâce à d’ambitieux programmes sociaux qui ont permis à près de 30 millions de Brésiliens de sortir de la misère.

Mais la poussée de Jair Bolsonaro dans les sondages est aussi due à un fort sentiment anti-PT d’une partie de la population qui juge la formation de gauche responsable de tous les maux du pays, de la crise économique qui a fait près de 13 millions de chômeurs aux graves problèmes d’insécurité.

Dans un pays si divisé et une ambiance tendue, les autorités brésiliennes ont prévu des mesures de sécurité exceptionnelles, avec 280.000 hommes mobilisés dimanche pour le premier tour dans les 83.000 bureaux de vote.


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