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Privés de sapin de Noël à Washington: troisième jour de « shutdown » aux Etats-Unis

Devant la Maison Blanche, le sapin de Noël était fermé au public et des poubelles débordaient lundi à cause du « shutdown », les administrations américaines marquant leur troisième jour de paralysie partielle faute d’accord politique sur le financement du mur anti-immigration clandestine voulu par Donald Trump.

A la veille de Noël, qu’il passe à Washington au lieu de sa résidence ensoleillée de Floride pour cause de « shutdown », le président américain a ironisé sur les médias parlant en boucle de son isolement après des démissions sonnantes dans son gouvernement et les négociations qui patinent autour de son projet de mur à la frontière mexicaine.

« Je suis tout seul (pauvre de moi) à la Maison Blanche en attendant que les démocrates reviennent et passent un accord sur la Sécurité à la Frontière dont on a désespérément besoin », a-t-il tweeté lundi.

« Pratiquement tous les démocrates à qui nous avons affaire aujourd’hui soutenaient fermement un Mur à la Frontière ou une Barrière », jusqu’à ce qu’il en fasse sa grande promesse de campagne en 2016, avait-il dénoncé un peu plus tôt.

Depuis ses fenêtres, Donald Trump pouvait sans doute constater les effets de la fermeture, depuis vendredi minuit, de nombreux ministères, qui laisse environ 400.000 fonctionnaires en congé sans solde.

Quelque 400.000 autres, employés dans les services jugés essentiels (douanes, sécurité aéroportuaire, inspection sanitaire, etc.), sont contraints eux de travailler sans être payés aux échéances régulières, en pleine période de fêtes.

Le « shutdown » affecte des ministères importants comme la Sécurité intérieure –qui gère les frontières–, la police fédérale, les Transports, le Trésor, mais aussi l’Intérieur, qui supervise les parcs nationaux.

C’est le cas du Mall, grande étendue verte au coeur de Washington, et de l’enclos où s’élève, devant la Maison Blanche, le « sapin de Noël national » flanqué de petits arbres représentant les 50 Etats américains.

« Zone fermée, pour cause d’interruption des budgets fédéraux », pouvait-on lire sur des affichettes.

Vers la Maison Blanche, et devant le grand obélisque du « Monument », plusieurs poubelles débordaient.

Portant des lunettes aux couleurs du drapeau américain, Andrea Leoncini et son épouse Roberta étaient venus de Rome pour leur lune de miel, perturbée par le « shutdown ».

A Philadelphie, ils n’ont pas pu visiter le bâtiment historique où la déclaration d’indépendance et la Constitution américaines ont été signées. « Nous partons ce soir pour New York », confie Roberta. « Nous espérons voir tout ce que nous avions prévu ».


Bonne nouvelle pour eux, la Statue de la Liberté doit rester ouverte grâce au financement de l’Etat de New York.

– Impasse –

Par rapport aux précédents grands « shutdowns » américains, l’urgence est toutefois moins palpable cette fois: seules 25% des administrations sont fermées, les parlementaires, sentant le conflit venir, ayant pris soin d’approuver auparavant le financement des 75% restant, dont le grand budget de la Défense.

Mais plusieurs grands syndicats d’employés fédéraux dénoncent cette paralysie budgétaire « inutile », qui ajoute aux inquiétudes économiques alors que la Bourse de New York est dans le rouge.

Les démocrates ont proposé de renouveler, dans le budget 2019 une enveloppe de 1,3 milliard de dollars pour financer des barrières et autres mesures de contrôle à la frontière avec le Mexique, mais ils rejettent farouchement la construction d’un mur.

Les républicains détiennent jusqu’au 3 janvier la majorité au Congrès américain, mais ils ont besoin de 60 voix –et donc de votes démocrates– au Sénat pour passer les lois budgétaires.

Face à l’impasse, les parlementaires ont repoussé toute décision jusqu’à jeudi, et sont partis fêter Noël dans leurs circonscriptions.

Pour l’instant, aucun vote n’est prévu jeudi et la conjoncture actuelle présage d’une longue crise.

Les démocrates reprendront le 3 janvier la majorité à la Chambre des représentants après leur nette victoire en novembre, enregistrée notamment grâce à un message d’opposition à la politique anti-immigration de Donald Trump. Leurs électeurs pardonneraient difficilement s’ils cédaient sur ce mur, devenu épouvantail emblématique.

Les républicains ont renforcé leur contrôle du Sénat, mais avec 53 sénateurs sur 100, ils auront encore besoin d’un consensus pour mettre fin au « shutdown ». Or, tout compromis doit au final être validé par Donald Trump, qui a le dernier mot.

La crise pourrait donc durer, a mis en garde la Maison Blanche ce weekend.



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