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Que deviennent les figures des « gilets jaunes » ?

Parmi les figures médiatiques qui ont incarné la révolte sociale des « gilets jaunes », aucune n’a jeté l’éponge, mais un an après, ces anciens anonymes ont tous des manières différentes de poursuivre la contestation.

– Priscillia Ludosky, sur tous les fronts –

Avec sa pétition contre la hausse des prix des carburants, lancée plusieurs mois avant les manifestations, elle reste l’inspiratrice des « gilets jaunes » et s’est imposée comme la force tranquille du mouvement.

Militante multi-cartes, cette auto-entrepreneuse a notamment rejoint la plateforme « gilets citoyens », pour veiller sur la mise en place de la convention citoyenne sur le climat, qu’elle considère comme « la seule idée des gilets jaunes directement appliquée par le gouvernement ».

La Seine-et-Marnaise s’investit en parallèle dans la dénonciation des violences policières, la promotion des propositions du « vrai débat », lancé par les « gilets jaunes » pour concurrencer le débat national d’Emmanuel Macron, la publication d’un livre auto-édité… Dernier cheval de bataille: la création d’un « lobby citoyen », qu’elle présentera le 15 novembre.

« On ne pourra pas manifester éternellement, c’est pour ça qu’on crée ce lobby », explique-t-elle à l’AFP. « Apartisane et asyndicale », l’organisation espère peser sur des sujets locaux comme nationaux.

– Eric Drouet, toujours dans la rue –

Le chauffeur routier avait annoncé se mettre « en retrait » fin avril, mais est resté actif sur les réseaux sociaux, et n’a jamais vraiment quitté la rue, en privilégiant les manifestations non déclarées. Ce qui lui a valu une nouvelle amende le 21 septembre.

L’initiateur de la première mobilisation du 17 novembre prône toujours le rapport de force. Il a appelé à une « convergence » dans une vidéo mi-octobre, en invitant « pompiers, urgentistes, ouvriers, agriculteurs, chômeurs » à manifester à Paris, sans gilet. « Mettez les gilets jaunes de côté, c’est les citoyens qui seront dans la rue », exhorte-t-il.

Figure la plus controversée du mouvement, il a été relaxé début septembre des poursuites pour « participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradations » lors de l’acte 6 du mouvement social le 22 décembre, et condamné à 500 euros d’amende avec sursis pour le port d’une sorte de « matraque » dans son sac, un simple « bout de bois » selon lui.

– Maxime Nicolle, chroniqueur de la colère –

« Fly Rider », comme il se surnomme sur Facebook, continue ses « live » sur les réseaux sociaux. Le Breton manifeste encore très régulièrement et s’est notamment rendu à Toulouse récemment.

Depuis septembre, il travaille pour la web-télé « QG », lancée par la journaliste Aude Lancelin. L’ancien chauffeur y tient un rôle de chroniqueur mais aussi de reporter – en filmant par exemple la manifestation des pompiers du 15 octobre.

Il doit sortir un livre le 14 novembre. Un ouvrage présenté comme un « droit de réponse », après les critiques médiatiques qui lui ont reproché certaines thèses complotistes et son goût pour les publications du Front National sur Facebook.

– Jérôme Rodrigues, de retour –


Devenu symbole des violences policières après avoir perdu un œil lors d’une manifestation le 26 janvier, le plombier a souffert de « cyberharcèlement » et a fait une pause pendant l’été. Il prépare une plainte contre deux « gilets jaunes » qui l’attaquent régulièrement.

Fin août, il a participé au contre-sommet du G7 au Pays Basque, avant de revenir dans les manifestations parisiennes en septembre et de soutenir une action parisienne d’Extinction Rébellion. « J’attends avec impatience le week-end de mobilisation du 16-17 novembre, et aussi la grève du 5 décembre », confie-t-il à l’AFP en prônant une « convergence des luttes ».

Fin septembre, il a été entendu par le juge d’instruction qui enquête sur la perte de son œil. « Le travail qui a été fait est très positif », assure-t-il. Il n’a en revanche « aucune nouvelle » de la procédure ouverte en juillet pour des soupçons de violences conjugales après une altercation avec sa femme, qui avait nié publiquement toute violence physique.

– Ingrid Levavasseur, objectif municipales –

Son éphémère candidature aux européennes avait provoqué la rupture. Agressée par des « gilets jaunes », l’aide-soignante de 32 ans ne manifeste plus, mais continue de s’engager.

Dans sa ville de Louviers (Eure), elle est candidate comme co-listière aux municipales de 2020. Cette mère célibataire a aussi fondé deux associations: l’une pour aider les familles monoparentales, l’autre pour défendre des propositions sociales et écologiques.

Début septembre, elle a publié une autobiographie qui détaille son engagement. « C’était essentiel pour moi que les gens comprennent que je ne suis pas rentrée dans ce mouvement parce que j’ai vu de la lumière », déclare-t-elle à l’AFP.

– Jacline Mouraud, rêve de l’Elysée –

Sa vidéo contre la « traque aux conducteurs », visionnée six millions de fois sur Youtube, l’avait catapultée au rang d’égérie des « gilets jaunes », avant que ses ambitions politiques ne passent pour une trahison.

L’aventure de son micro-parti, « Les Emergents », a été mise « entre parenthèses », après le départ de plusieurs membres du bureau qui ont dénoncé son « culte de la personnalité ». Ce qui n’empêche pas l’hypnothérapeuthe, « gaulliste » autoproclamée, de rêver de la présidentielle de 2022 et de s’imaginer en « candidate des territoires et du terroir ».

– François Boulo, le verbe jaune –

Choisi pour porter la parole médiatique des ronds-points de Rouen, l’avocat s’était fait remarquer pour ses joutes oratoires sur les plateaux télévisés.

En octobre, il a publié un manifeste, « La Ligne Jaune », qui « vise à restaurer l’image des +gilets jaunes+, car le traitement médiatique les a assignés aux faits de violence qui ont existé ici ou là », explique-t-il à l’AFP.

Il a également fondé une plateforme numérique du même nom, qui doit « mettre en réseau l’ensemble du mouvement » et compte 27.000 membres.


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