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Queues devant les banques, ramassage des ordures: au Soudan, la vie reprend doucement

Des files se forment devant les banques et les ordures sont ramassées dans Khartoum: mercredi, la vie a lentement repris son cours dans la capitale et d’autres villes soudanaises, au lendemain de la décision de la contestation d’interrompre une campagne de désobéissance civile.

« Nous sommes retournés au travail et il y a beaucoup de déchets à traiter dans les rues », déclare Mohamed Adam à l’AFP, tout en ramassant des détritus dans une rue du sud de la capitale.

« Ca prendra beaucoup de temps et d’effort pour nettoyer », ajoute cet éboueur vêtu d’un t-shirt vert, d’un jean et coiffé d’une casquette.

Après trois jours d’un mouvement de désobéissance civile à l’appel des leaders de la contestation, les déchets se sont accumulés sur les principales places de Khartoum, de nombreux éboueurs ayant pris part à cette campagne.

Avec l’accumulation des déchets, et le manque d’entretien des infrastructures, les égouts ont largement débordé.

Les meneurs de la contestation ont lancé la campagne de désobéissance civile pour tenter de poursuivre le bras de fer avec les généraux au pouvoir, après le net durcissement de la répression marqué le 3 juin par la dispersion sanglante du sit-in des manifestants devant le QG de l’armée à Khartoum.

Mercredi, des camions à ordures circulent dans les rues de la capitale, particulièrement autour des hôtels et ambassades des quartiers huppés.

En matinée, des centaines de Soudanais ont aussi fait la queue devant les distributeurs automatiques, et ce des heures durant, pour retirer du liquide auprès d’institutions bancaires partiellement renflouées.

« J’attends depuis trois heures maintenant pour retirer 1.000 livres (18 euros) », assure Mahmoud Salah, qui fait la queue devant un distributeur du quartier Bahri, haut lieu de la contestation, dans le nord de Khartoum.

« C’est beaucoup de temps pour une très petite somme », déplore-t-il. « Nous voulons que la Banque centrale résolve ce problème » de strictes limitations de retraits en espèces, poursuit-il, « ça fait des mois qu’on attend comme ça ».

– Première nécessité –

Des scènes similaires sont constatées dans d’autres quartiers de Khartoum, où les habitants sont sortis retirer de l’argent pour acheter des denrées de première nécessité, après la réouverture des magasins.

Des témoins ont également rapporté des files devant les banques à Port-Soudan, un centre économique, et d’autres villes comme Madani et al-Obeid (centre) ou encore Gedaref (est).


A Port-Soudan, un bateau a appareillé à 09H00 (07H00 GMT), et deux bateaux étaient en cours de chargement, a indiqué un témoin à l’AFP par téléphone.

« Le marché principal de la ville est ouvert mais il y a des queues devant les distributeurs des banques », a assuré un autre habitant de cet important centre économique du Soudan, sur la mer Rouge.

La contestation populaire qui secoue le Soudan depuis décembre dernier a éclaté après la décision gouvernementale de tripler le prix du pain, dans un pays en plein marasme économique et régulièrement confronté à des pénuries de biens et en devises étrangères.

La crise s’est accentuée quand les banques locales ont imposé des limitations sur les retraits en espèces, provoquant la colère des Soudanais.

Les manifestations ont alors rapidement pris une tournure politique contre le régime d’Omar el-Béchir, destitué par l’armée le 11 avril après trente ans de pouvoir.

Mercredi, malgré la levée du mouvement de désobéissance civile, de nombreux habitants sont restés chez eux, inquiets de reprendre le travail alors que les forces de sécurité, dont les redoutés Forces de soutien rapides (RSF), sont toujours déployées en nombre dans les rues.

Les manifestants accusent les RSF, des paramilitaires, d’avoir mené la répression contre les manifestations depuis le 3 juin.

A Khartoum, le principal terminal de bus a fonctionné mercredi, mais peu de passagers étaient présents, a constaté un correspondant de l’AFP.

« La circulation des bus et des passagers est toujours inférieure à la normale », commente Gamal Omar, un vendeur de billets, à l’intérieur du terminal.

« Je pense que les gens vont commencer à revenir ce week-end », estime-t-il. Au Soudan, la semaine débute le dimanche.

« La désobéissance civile s’est arrêtée aujourd’hui, mais la plupart des gens vont retourner au travail seulement après le week-end », insiste-t-il.



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