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Raids incessants du régime sur Idleb en Syrie, dix civils tués

Les bombardements du régime syrien ont tué mardi dix civils dont des enfants et touché un hôpital dans la province d’Idleb, dernier bastion jihadiste en Syrie pilonné sans cesse depuis un mois, a rapporté une ONG.

Depuis dimanche et les frappes et tirs d’artillerie quotidiens sur cette province du nord-ouest du pays en guerre, 41 civils dont de nombreux enfants ont péri, selon le décompte de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG qui s’appuie sur différentes sources en Syrie.

La province d’Idleb ainsi que des secteurs des provinces voisines de Hama, Alep et Lattaquié sont tenus par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche d’Al-Qaïda).

Les forces fidèles au régime de Bachar al-Assad contrôlent une partie du sud-est et une autre de l’est de la province d’Idleb. A la faveur des raids aériens mais aussi de combats au sol depuis fin avril, elles ont réussi à reprendre plusieurs villes dans le sud de cette province et dans le nord de Hama.

Le régime Assad n’a pas annoncé une offensive à proprement parler contre les jihadistes dans la province d’Idleb mais il a intensifié les bombardements aériens et livré des combats au sol aux jihadistes depuis fin avril.

Mardi, au moins dix civils dont quatre enfants ont été tués dans les raids contre la région de Jabal al-Zawiya dans le sud-est de la province d’Idleb, selon l’OSDH.

Un hôpital dans la localité de Kafranbel a été touché par des tirs d’artillerie, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha). L’établissement « serait hors-service en raison d’importants dégâts », a indiqué à l’AFP un porte-parole d’Ocha, David Swanson.

« L’hôpital est totalement hors-service. Ses équipements, ses appareils » sont endommagés, a confirmé à l’AFP son directeur administratif, Majed al-Akraa. « La frappe était très violente. Les générateurs ont pris feu, ma voiture a pris feu, les bureaux » aussi.


La province d’Idleb fait l’objet depuis septembre 2018 d’un accord entre Moscou et Ankara qui soutient certains groupes rebelles, sur une « zone démilitarisée » devant séparer les territoires insurgés des zones gouvernementales attenantes.

Partiellement appliqué en raison du refus des jihadistes de se retirer de la future zone tampon, cet accord avait permis d’éviter une offensive d’envergure de l’armée syrienne. Mais le régime a continué de mener des raids par intermittence avant de les intensifier à partir de fin avril.

Lundi, 19 civils dont six enfants ont péri dans des raids aériens, selon l’OSDH. Douze civils ont été tués dimanche.

Depuis un mois, plus de 260 civils, dont environ 60 enfants, ont péri dans l’escalade dans la province d’Idleb, selon l’OSDH. Plus de 200.000 personnes ont été déplacées selon l’ONU.

Ces dernières semaines, les appels à un arrêt des hostilités se sont multipliés et l’ONU a tiré la sonnette d’alarme sur le risque d’une « catastrophe humanitaire » à Idleb.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts, selon l’OSDH, et déplacé plusieurs millions de personnes.



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