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Rare grève du Bazar de Téhéran, contre la chute du rial iranien

Les commerçants du Grand Bazar de Téhéran ont fermé boutique lundi dans un rare mouvement de grève pour protester contre la dépréciation continue de la monnaie iranienne, ont constaté des journaliste de l’AFP.

Dans ce climat de ressentiment contre la situation économique, de brèves échauffourées ont opposé en milieu d’après-midi quelque dizaines de jeunes aux forces de l’ordre dans le centre de la capitale. Parallèlement, des vidéos fleurissaient sur les réseaux sociaux semblant témoigner d’autres affrontements entre mécontents et policiers à Téhéran.

« Les exigences des commerçants du Bazar sont légitimes, ils veulent que la situation du marché des changes soit clarifiée une fois pour toutes », a déclaré à l’agence Isna Abdollah Esfiandari, chef du conseil central d’administration du Bazar de Téhéran. « Nous espérons que l’on va se pencher sur leurs problèmes et que demain (mardi), le Bazar pourra retrouver une activité normale. »

Les marchands « protestent contre le taux de change élevé, la fluctuation des devises étrangères […] le blocage des marchandises à la douane et le manque de critères clairs pour le dédouanement, et le fait que, dans ces conditions, ils ne peuvent pas prendre de décisions ni vendre leurs biens », a ajouté M. Esfiandari.

Dans les rues couvertes du Grand Bazar à proximité de la place aux Herbes (Meidoun-é Sabzeh), on ne trouve pas une boutique ouverte. Les passants longent une succession de rideaux métalliques fermés.

« C’est comme ça dans tout le bazar », assure un marchand de tapis de 45 ans ayant grandi dans la boutique familiale avant de la reprendre, « c’est la première fois de ma vie que je vois ça ».


« Tout est lié, [la chute de la monnaie nationale] affecte tous les secteurs » de l’économie, ajoute l’homme alors que le rial a perdu près de 50% de sa valeur en six mois et que le billet vert s’échange désormais autour de 85.000 rials pour un dollar sur le marché parallèle.

« Les boutiques sont fermées depuis le matin », témoigne un autre marchand de tapis. « La police anti-émeutes est intervenue le matin » contre une manifestations de bazaris, « a arrêté deux hommes et le calme est revenu. »

Vers 15H30 (11H00 GMT), des policiers anti-émeutes ont utilisé des gaz lacrymogènes au croisement des avenues Ferdowsi et Jomhouri-yé Islami, dans le centre de Téhéran contre quelques dizaines de jeunes qui leurs lançaient des pierres ou divers projectiles, selon un journaliste de l’AFP.

Les contestataires –dont certains scandaient « Iraniens, Iraniens, soutenez-nous! »– se sont dispersés lorsque les policiers commençaient à faire mouvement vers eux.



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