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RDC: deux durs de l’ancien régime Kabila proposés à la tête du Sénat

Les partisans de l’ex-président Joseph Kabila, largement majoritaires au Parlement, ont proposé deux durs de l’ancien régime à la tête du Sénat en République démocratique du Congo, dont un ex-ministre de l’Intérieur sous sanction de l’Union européenne.

« Voici le ticket du Front commun pour le Congo (FCC) au bureau du Sénat: président, Thambwe Mwamba. Premier vice-président, Evariste Boshab (PPRD) », a écrit lundi dans un message Néhémie Mwilanya, coordonnateur du FCC, la coalition pro-Kabila.

L’ex-ministre de l’Intérieur Boshab fait partie des 14 personnalités congolaises sanctionnées depuis 2017 par l’Union européenne (UE) pour de « graves violations des droits de l’homme ».

Le « ticket » FCC de sept noms pour le bureau du Sénat ne comporte aucun membre de la coalition Cap pour le changement (Cach) du président Félix Tshisekedi, qui négocie un accord avec son prédécesseur pour la formation d’un gouvernement.

Ex-opposant, M. Tshisekedi a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 30 décembre. L’écrasante majorité des sièges à l’Assemblée nationale, au Sénat et dans les Assemblées provinciales sont revenus au FCC.

Dans un communiqué samedi, un collectif catholique a accusé la commission électorale d’avoir « fabriqué en toute conscience une situation de bicéphalisme ».

Ce collectif a appelé aussi à la démission des juges de la Cour constitutionnelle accusés de se comporter « en chambre d’enregistrement » des résultats de la commission.


La course à la présidence du Sénat a provoqué un premier divorce au sein du FCC, avec la candidature d’un dissident, Modeste Bahati Lukwembo. En représailles, il a fait l’objet d’une « radiation » de la coalition, ont annoncé lundi soir les dirigeants du FCC.

Les quelque 44 députés et 13 sénateurs de son regroupement politique AFDC-A ont sept jours pour déterminer s’ils restent au sein du FCC. « Passé ce délai, le FCC en tirera toutes les conséquences », ajoute le communiqué du FCC.

Candidat pressenti pour le « perchoir », le ministre sortant de la Justice Alexis Thambwe Mwamba, 76 ans, a été entendu en Belgique le 4 septembre 2018 par la police judiciaire.

Une plainte avait été déposée contre lui à Bruxelles par des familles des 50 passagers d’un Boeing 727 abattu dans l’est de la RDC le 10 octobre 1998.

Le missile avait été tiré par le mouvement rebelle Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), dont Alexis Thambwe Mwamba était alors l’un des dirigeants. Mais il « ne disposait ni d’une autorité, ni de compétence militaire au sein » du RCD, selon son avocat, Laurent Kennes.



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