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RDC: Katumbi, interpellé à Bruxelles avec un passeport falsifié, accuse le régime Kabila

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L’opposant congolais en exil Moïse Katumbi a accusé vendredi le régime du président Joseph Kabila d' »instrumentaliser » les services de l’Etat congolais, après son interpellation à l’aéroport de la capitale belge avec un passeport falsifié.

Selon les médias belges, Moïse Katumbi a été interpellé dans la nuit de mercredi à jeudi par la police de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem alors qu’il revenait en jet privé d’un déplacement en Israël.

Des sources proches du dossier ont confirmé à l’AFP un problème avec la page du passeport où figure son identité, visiblement « rajoutée » au document d’origine selon l’une d’elles.

L’opposant congolais a toutefois été autorisé à rester en Belgique pour y régulariser sa situation.

« Un laissez-passer provisoire de 15 jours lui a été délivré pour qu’il puisse se mettre en ordre », a indiqué une des sources proches du dossier jointes par l’AFP.

Dans un communiqué diffusé à Bruxelles, Moïse Katumbi a dénoncé une « instrumentalisation des institutions de l’Etat par le régime de Kinshasa », et « un acharnement continu du pouvoir » contre sa personne.

Selon lui, l’incident provient du fait que « les passeports semi-biométriques » tels que le sien ont été « retirés du système » par les autorités congolaises.

Et qu’une demande de passeport biométrique introduite « en bonne et due forme » lui a été refusée par les autorités « sans aucune raison valable ».

Le passeport semi-biométrique aurait ainsi été rejeté lors du contrôle à l’aéroport de Zaventem alors qu’il disposait de « visas en cours de validité », poursuit le communiqué signé du « bureau de Moïse Katumbi ».


Désormais, M. Katumbi dispose de deux semaines pour régulariser sa situation auprès de l’ambassade de la République démocratique du Congo (RDC) à Bruxelles.

L’agence de presse belge Belga évoque une démarche possiblement « compliquée » par son statut d’opposant au président congolais Joseph Kabila.

En mars, Moïse Katumbi avait lancé en Afrique du Sud « Ensemble pour le changement », un mouvement considéré comme une machine pour gagner l’élection présidentielle congolaise prévue le 23 décembre, supposée désigner un successeur à M. Kabila.

La Constitution interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat a expiré le 20 décembre 2016, de se représenter. Mais ses détracteurs l’accusent de chercher des solutions pour rester au pouvoir.

L’acquittement surprise à La Haye le 8 juin d’un autre opposant, Jean-Pierre Bemba, attendu dans les prochains jours en Belgique où vit sa famille, est venu compliquer encore davantage les rapports de force politiques.

Samedi dernier, lors d’une prise de parole via Skype devant des milliers de partisans réunis à Kinshasa, au lendemain de cet acquittement, Moïse Katumbi a de nouveau annoncé son retour imminent au pays.

Il ne peut cependant pas revenir en RDC sans risquer la prison en raison d’une condamnation dans une affaire immobilière dont il conteste le fondement.

Jeudi, il devait en théorie faire une brève halte de quelques heures à Bruxelles avant de se rendre à la cérémonie d’ouverture de la Coupe de monde de football à Moscou.



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