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RDC: le manque de fonds pourrait ralentir la lutte contre Ebola

La Croix-Rouge a averti jeudi que le grave manque de financement pourrait l’obliger à réduire ses activités de lutte contre l’épidémie d’Ebola en RDC, alors que le nombre de cas monte en flèche.

« La situation est grave », a déclaré le directeur du département Santé de la Fédération internationale de la Croix-Rouge (FICR), Emanuele Capobianco, lors d’une conférence de presse à Genève.

« L’ampleur et la qualité des activités qui seront menées par les volontaires de la Croix-Rouge diminueront considérablement au cours des deux prochaines semaines, faute de financements supplémentaires », a-t-il dit.

L’actuelle épidémie de fièvre hémorragique Ebola, déclarée en août dans les provinces du Nord-Kivu et d’Ituri, est la dixième et la plus grave enregistrée sur le sol congolais depuis 1976. Elle est la deuxième la plus grave après celle en Afrique de l’Ouest de 2014-2016 (plus de 11.000 morts en Guinée, Sierra Leone et au Liberia principalement).

Depuis le début de l’épidémie en RDC, il y a eu près de 1.150 décès pour plus de 1.700 cas confirmés et probables, selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Mais 20% de ces 1.700 cas ont été signalés au cours des trois dernières semaines seulement, a relevé M. Capobianco, qualifiant ce pic d' »alarmant ».

Les différentes sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont reçu jusqu’à présent moins de la moitié des 31,5 millions de francs suisses (28 millions d’euros) demandés pour financer leurs activités.


Sur le terrain, les équipes anti-Ebola font face à des résistances et des violences.

Plusieurs groupes armés sont actifs dans la région. En outre, rumeurs et défiance entravent le travail des personnels de santé, alors qu’une partie des habitants sont dans un déni de la maladie, prenant parfois des formes violentes.

Les enterrements sécurisés des malades – conduits par la Croix-Rouge – sont parfois perçus par les populations comme une agression culturelle.

Or, une étude portant sur les enterrements sécurisés menés durant la grande épidémie qui a touché l’Afrique de l’Ouest en 2014-2016 a montré qu’ils avaient permis d’éviter 10.500 cas, réduisant d’un tiers l’ampleur de l’épidémie.

Mais le processus est complexe et coûteux. Chaque inhumation coûte environ 500 dollars.



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