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Reprise de la campagne militaire sur le dernier carré jihadiste en Syrie

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Les bombardements à l’artillerie et aériens ont repris vendredi contre les derniers combattants du groupe Etat islamique (EI) acculés au bord du fleuve Euphrate en Syrie, une ultime bataille censée signer la fin du « califat » de l’organisation jihadiste.

Après deux jours de pause, les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les avions d’une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, ont frappé de nouveau les jihadistes sur le front de Baghouz, dans la province de Deir Ezzor dans l’est de la Syrie, près de la frontière irakienne.

Ces dernières 48 heures, les FDS ont procédé à des ratissages et ont consolidé les positions prises aux jihadistes acculés dans un petit bout de terre aux limites de Baghouz, au bord du fleuve Euphrate.

Selon un communiqué des FDS, les avions de la coalition ont repris les frappes sur les positions jihadistes aux premières heures de vendredi et les forces arabo-kurdes sont engagées dans les combats au sol contre l’EI.

« L’opération pour libérer complètement Baghouz est en cours », a indiqué à l’AFP le service des médias de la coalition internationale.

« Cela reste une bataille rude et Daech montre qu’il a l’intention de continuer à se battre le plus longtemps possible », a-t-il ajouté en utilisant un acronyme en arabe de l’EI.

Dans une vidéo diffusée sur les comptes du groupe jihadiste sur les réseaux sociaux, l’EI a rejeté les déclarations sur la fin imminente du « califat » et appelé ses partisans à mener des attaques contre « les ennemis » en Occident.

– Acculés –

Le dernier assaut contre les jihadistes à Baghouz a été lancé le 9 février. Ce village est proche de celui de Soussa pris auparavant par les FDS.

Mardi, les FDS sont entrées à Baghouz dans le campement de fortune des jihadistes qui ont été forcés de reculer jusqu’aux limites du camp et du village de Baghouz.

La perte dans son intégralité du village signerait la fin territoriale de l’EI en Syrie, après sa défaite en Irak en 2017.

L’EI avait proclamé en 2014 un « califat » sur de vastes régions conquises à cheval entre la Syrie et l’Irak, avant que son territoire ne se réduise comme peau de chagrin ces deux dernières années avec la multiplication des assauts contre l’organisation jihadiste.


L’offensive contre l’ultime poche de l’EI à Baghouz est la dernière phase d’une opération déclenchée en septembre 2018 pour chasser le groupe des derniers secteurs sous son contrôle en Syrie. Elle a été ralentie par la présence de milliers de civils qui sont sortis du carré de l’EI.

Jusqu’à mercredi, des camions transportant des femmes et des enfants sont sortis de Baghouz.

Depuis janvier, plus de 67.000 personnes ont quitté l’ultime poche de l’EI, dont 5.000 jihadistes arrêtés après leur reddition, selon les FDS. Les civils parmi elles, la plupart des familles de jihadistes, ont été transférés dans des camps, principalement dans celui d’Al-Hol (nord-est).

Là, plus de 72.000 personnes, dont plus de 40.000 enfants, sont regroupées dans des conditions difficiles, selon l’ONG Comité international de secours (IRC).

– Présence américaine –

Depuis septembre, 750 combattants des FDS ont péri dans les combats et presque le double de jihadistes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Il n’y a pas de bilan sur les victimes civiles.

Mercredi, M. Trump a indiqué qu’environ 400 soldats américains resteraient finalement en Syrie « pour un certain temps », après avoir initialement annoncé en décembre le retrait prochain de la totalité des quelque 2.000 soldats déployés dans ce pays.

Malgré les défaites et la chute imminente de son califat, l’EI, un groupe ultraradical responsable d’atrocités et d’attentats meurtriers dans des pays arabes et occidentaux, a semble-t-il déjà entamé sa mue en organisation clandestine, et parvient toujours à mener des attaques sanglantes.

La bataille contre l’EI représente aujourd’hui le principal front de la guerre en Syrie qui a fait plus de 370.000 morts depuis mars 2011, le régime syrien de Bachar al-Assad, soutenu par la Russie et l’Iran, ayant reconquis près des deux-tiers du pays.

La guerre, déclenchée par la répression de manifestations prodémocratie, s’est complexifiée au fils des ans avec l’implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes. La multiplication des protagonistes, les divisions internationales et l’arrivée de groupes comme l’EI ont miné les efforts pour un règlement du conflit.

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