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Retour au pays des ex-otages français libérés au Burkina Faso

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Les deux otages français libérés par les forces spéciales dans le nord du Burkina Faso, au prix de la mort de deux militaires, rentrent samedi dans leur pays où ils doivent être accueillis par le président Emmanuel Macron.

Patrick Picque et Laurent Lassimouillas avaient été enlevés le 1er mai pendant un séjour touristique au Bénin, pays jusque-là épargné par l’insécurité en Afrique de l’Ouest. Ils ont été libérés en même temps qu’une Sud-Coréenne et une Américaine qui étaient, elles, captives depuis 28 jours.

Les deux Français, ainsi que la Sud-Coréenne, sont attendus à 18h00 (16h00 GMT) sur la base aérienne de Villacoublay, près de Paris. Ils seront accueillis par le président Macron et plusieurs hauts responsables du gouvernement et de l’armée.

Un hommage national sera rendu mardi à Paris aux deux militaires français qui ont été tués au cours de cette intervention « d’une très grande complexité », selon les mots de la ministre des Armées Florence Parly.

Membres du commando Hubert, unité d’élite de la Marine française, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello ont été salués comme des « héros » par l’ensemble de la classe politique française.

« Ils ont donné leur vie pour en libérer d’autres », a écrit Emmanuel Macron sur Twitter. « Portons nos pensées vers leurs familles et frères d’armes ».

– « Tués à très courte distance » –

Selon le récit du chef d’état-major français, le général François Lecointre, « les commandos des forces spéciales se sont inflitrés dans la nuit noire sur une distance de 200 mètres, malgré la présence d’une sentinelle », avant d’être finalement repérés à dix mètres des abris des ravisseurs.

Les commandos décident alors de monter à l’assaut sans ouvrir le feu, pour ne pas provoquer de pertes chez les otages. Les militaires Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello « sont tués à très courte distance ». En face, quatre ravisseurs périssent.

Cette opération a été « rendue possible par la mobilisation des moyens de (la force antijihadiste française au Sahel) Barkhane, le soutien logistique des forces burkinabè et le soutien américain en renseignement », a précisé le général.

Le corps du guide béninois des deux touristes avait été découvert le 4 mai dans le parc national de la Pendjari où ils effectuaient un safari.

Quant aux deux autres otages libérées, une Américaine et une Sud-Coréenne, « personne n’avait connaissance de leur présence » au Burkina, a affirmé le général Lecointre. « A priori elles étaient otages depuis 28 jours », a-t-il précisé.


– « Insécurité totale » –

Les autorités françaises suivaient l’évolution des ravisseurs depuis plusieurs jours et ont saisi l’opportunité d’agir en raison du risque « de transfèrement de ces otages à une autre organisation terroriste qui agit au Mali (…) la Katiba Macina » du prédicateur Amadou Koufa, ce qui aurait dès lors « rendu impossible d’organiser une quelconque opération de libération », a-t-il détaillé.

L’identité des preneurs d’otages est encore inconnue.

« Ce que l’on peut dire c’est qu’il y a deux mouvements terroristes principaux qui opèrent dans cette zone et qui sont affiliés pour l’un à Al Qaïda, pour l’autre à l’EIGS (Etat islamique au Grand Sahara) », a seulement déclaré Mme Parly.

Les attaques jihadistes, concentrées initialement dans le nord du Mali, se sont étendues vers le centre du pays puis vers le Burkina Faso et menacent désormais les pays côtiers du Golfe de Guinée, jusque-là épargnés.

« La menace a changé de forme, elle est devenue beaucoup plus mobile et ce sont maintenant les pays situés au sud du Mali qui sont les cibles, avec des fragilités singulièrement au Burkina Faso mais même dans le nord du Bénin », a relevé samedi sur la radio Europe 1 le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

« Il faut maintenir la pression sur ces groupes », a poursuivi le ministre, jugeant l’action de la force française Barkhane « tout à fait essentielle » dans ce contexte.

Cette force antijihadistes compte 4.500 soldats sur cinq pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie).

M. Le Drian à invité les touristes à « la plus grande précaution dans ces régions ». « La zone où étaient nos deux compatriotes était considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge, c’est-à-dire une zone où il ne faut pas aller, où on prend des risques majeurs si on y va », a-t-il ajouté.

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