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Sanders-Warren, duel à gauche pour le nouveau débat démocrate

A gauche toute: le deuxième débat de la primaire démocrate s’ouvre mardi avec un affrontement attendu entre Elizabeth Warren et Bernie Sanders, qui souhaitent tous les deux s’opposer à Donald Trump en 2020 avec un programme très progressiste.

Le sénateur du Vermont a peu à peu perdu de son avance sur sa rivale et les deux septuagénaires sont au coude-à-coude dans les sondages, avec le soutien d’environ 15% des électeurs démocrates chacun, loin derrière l’ancien vice-président Joe Biden (32%).

L’ancien numéro deux de Barack Obama se retrouvera mercredi face à la sénatrice Kamala Harris, la quatrième dans les sondages (10,5%). Là encore, il pourrait y avoir des étincelles: malmené par sa rivale lors du dernier débat, Joe Biden, 76 ans, a promis que, cette fois, il serait moins « poli ».

Compte-tenu du nombre inédit de candidats à son investiture, le parti démocrate a été obligé d’organiser le débat sur deux jours, avec dix candidats dans l’arène chaque soir.

Pour une majorité d’entre eux, la confrontation organisée à Detroit (Michigan) pourrait bien être la dernière.

Selon des règles fixées par le parti, ceux qui n’auront pas reçu des dons de 130.000 personnes différentes et percé au-dessus de 2% dans les sondages, ne pourront pas prendre part à la troisième série de débats, prévue à la mi-septembre.

Seuls huit semblent remplir ces critères à l’heure actuelle.

Les autres devront absolument marquer les esprits cette semaine s’ils veulent rester en lice, et cela pourrait aussi les pousser à tenter un coup d’éclat.

– « Socialiste » –

Parmi ceux amenés à rester en course figure Pete Buttigieg, 37 ans, qui a fait un début de campagne remarqué et se retrouve mardi sur l’estrade avec Elizabeth Warren et Bernie Sanders.

Le maire de South Bend (Indiana), cinquième dans les sondages avec près de 6% des soutiens démocrates, mise sur son discours modéré et sa jeunesse pour se démarquer des deux sénateurs, dont le radicalisme pourrait effrayer certains électeurs centristes.

Pourfendeurs de Wall Street, les deux septuagénaires défendent tous les deux la mise en place d’un salaire minimum, l’annulation des dettes étudiantes, un plan de lutte ambitieux contre le réchauffement climatique et une couverture santé universelle.


Mais leurs styles diffèrent. Quand Bernie Sanders n’hésite pas à se dire « socialiste », un terme marqué très à gauche aux Etats-Unis, Elizabeth Warren prend soin de se présenter comme une « capitaliste » et accompagne chacune de ses propositions d’un « plan » pour les mettre en oeuvre.

Donald Trump a affublé le sénateur du Vermont du sobriquet de « Bernie le dingue » et se moque des racines amérindiennes lointaines revendiquées par Elizabeth Warren en l’appelant « Pocahontas ».

Eux réclament le lancement d’une procédure de destitution à son encontre, une option pour l’instant rejetée par la hiérarchie démocrate, qui craint d’occulter les débats de fond de la campagne.

– « Fier » du passé –

Les projecteurs se tourneront mercredi vers Joe Biden et Kamala Harris, dont la passe d’armes a marqué le dernier débat. La sénatrice noire avait attaqué le vétéran de la politique sur ses positions passées face à la ségrégation raciale. Surpris, il s’était défendu sans ardeur et l’élue californienne avait enregistré un gain de popularité.

Mais celui-ci a fait long feu et si la quinquagénaire veut s’imposer dans le trio de tête, il lui faudra convertir l’essai.

Elle a promis lundi « d’exprimer (ses) différences », tout en restant « polie ».

A leurs côtés, le sénateur noir Cory Booker (1,5%) pourrait lui aussi égratigner le favori sur la question raciale. Il lui a déjà reproché d’avoir été l' »architecte » d’une loi de 1994 ayant mené de nombreux Noirs derrière les barreaux.

Joe Biden s’est dit prêt à faire face. « S’ils veulent parler du passé, je peux le faire », a-t-il déclaré. « J’ai un passé dont je suis fier. Le leur n’est pas aussi bon ».

Donald Trump, qui a déjà lancé sa campagne de réélection, compte suivre la joute démocrate, même s’il estime que la partie est jouée d’avance. « Joe l’endormi », comme il le surnomme, « n’est pas au mieux de sa forme », mais « en boitant, il franchira en premier la ligne d’arrivée », a prédit mardi le milliardaire républicain.



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