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Semenya: la ministre sud-africaine des Sports accuse l’IAAF d' »atteintes aux corps des femmes »

La ministre sud-africaine des Sports, Tokozile Xasa, à Lausanne pour soutenir sa compatriote Caster Semenya, athlète qui veut faire invalider devant le Tribunal arbitral du sport un règlement de l’IAAF imposé aux athlètes féminines produisant naturellement beaucoup de testostérone, a accusé jeudi la Fédération internationale d’athlétisme de porter « atteinte aux corps des femmes ».

« Nous parlons d’atteintes aux corps des femmes lorsque les femmes doivent s’expliquer sur leur apparence physique » au regard des autres, a affirmé Mme Xasa.

« Il n’est pas seulement question de l’Afrique du Sud (ou) de la participation des femmes au sport », a-t-elle ajouté, avant de délivrer un message de soutien à Semenya transmis par le président Cyril Ramaphosa.

« Souviens-toi que tu es grande. Souviens-toi que tu es le symbole qui nous rappelle constamment que rien ne peut battre le pouvoir durable de l’esprit humain », écrit celui-ci, cité par Mme Xasa.

« Nous voulons nous assurer que tu ne te sens pas seule », a ajouté la ministre habillée d’un t-shirt sur lequel était floqué la mention « Nous nous opposons aux règles de l’IAAF ». Au cours de cette conférence, Semenya, assise au fond de la salle, ne s’est pas adressée aux médias.

Mardi, M. Ramaphosa avait officiellement apporté son soutien à la championne.


Et mercredi, la ministre sud-africaine des Femmes, Bathabile Dlamini, a elle aussi dénoncé la réglementation de l’IAAF. « Ces idées préconçues sur l’apparence du corps de la femme et sur ses performances sont profondément sexistes », a-t-elle insisté.

Caster Semenya, triple championne du monde (2009, 2011, 2017) et double championne olympique du 800 m (2012, 2016), assure être « incontestablement une femme ». Elle dénonce des règles destinées, selon elle, à la « ralentir ».

Depuis lundi, le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne examine le recours de la championne sud-africaine contre l’IAAF, à l’origine du nouveau règlement.

Il impose à ces femmes « hyperandrogènes » de faire baisser avec des médicaments leur taux de testostérone pour participer aux épreuves internationales du 400 m au mile (1609 m).

La décision du panel du TAS devrait être connue fin mars.



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