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Sénégal : grogne généralisée des travailleurs des médias publics

C’était comme s’ils s’étaient passés le mot, les syndicats maison des organes de presse publics du Sénégal (RTS, APS, Le Soleil), non contents de la gestion de leurs boites, font depuis deux jours un procès public à leurs directions… lesquelles ne sont toutefois pas restées aphones.L’intersyndicale SYNPICS–CNTS de la Radiodiffusion télévision du Sénégal (RTS) a fustigé, hier jeudi, en conférence de presse, la « mauvaise gestion » de Racine Talla, directeur de la boîte.

En effet, le politique et maire d’une localité de la banlieue dakaroise est décrié pour des griefs relatifs, entre autres, à son « absentéisme », au « non versement des cotisations à l’IMP », aux « failles » notées dans la retransmission de la Coupe du monde 2018 et au « manque de débats contradictoires » dans les programmes de la chaîne publique.

La Direction générale de la RTS n’est pas restée longtemps pour apporter des précisions aux plaintes de ses agents syndiqués. Comme pour temporiser, elle indique avoir instauré une « politique de concertation permanente » basée sur le dialogue dans ses relations avec l’intersyndicale.

Cette stratégie est, selon elle, à la base du « climat social apaisé » qui règne dans l’entreprise depuis plus de cinq ans, même si « elle considère que le syndicat est dans son rôle de gérer la revendication et d’alerter ».

Concernant l’Agence de presse sénégalaise (APS), les travailleurs ruminent leur colère de longue date et ont même décidé, de ce fait, de déposer un préavis de grève depuis le 24 juillet, ont-ils informé hier au sortir d’une Assemblée générale. En effet, leur courroux est justifié par la situation alarmante de la doyenne des agences de presse en Afrique francophone et de son « mode de gestion » qui la pousse « aujourd’hui à l’agonie ».

Le responsable syndical de la boîte, le journaliste Bamba Kassé, dénonce la non application des instructions du chef de l’Etat, Macky Sall, qui avait réclamé l’accélération du processus de modernisation de l’APS. Pour lui, la tutelle technique, à part deux réunions de prise de contact, n’a jusqu’ici pris aucun contact « allant dans le sens de réduire la souffrance des travailleurs ».

Enfin concernant le quotidien national Le Soleil, l’intersyndicale SYNPICS-STLS-CNTS s’en est véhément prise au directeur général Yakham Mbaye qui souffre, selon elle, d’une « carence de vision stratégique ».

Les « dossiers s’accumulent sur sa table, attendant d’être traités. (Et) aujourd’hui, l’entreprise est bloquée et les fournisseurs s’inquiètent », s’alarment les reporters de la boîte, s’émouvant surtout du fait que leur directeur « ignore le service public de l’information, puisque les reportages, dossiers, enquêtes, ces genres nobles du journalisme, ne l’intéressent guère ».

Cette sortie des journalistes du Soleil a trouvé une réplique rapide et musclée de la part du DG, ancien secrétaire d’Etat à la Communication dans l’actuel régime de Macky Sall.


Dans les colonnes de ‘’son » quotidien, Libération, Yakham Mbaye a démenti toutes les accusations formulées contre lui, persuadé que ses détracteurs cherchent à le « déstabiliser », tout en prévenant qu’il est, de ce fait, sur ses gardes.

Il indique que « ces gens qui (l)’attaquent sont des acteurs actifs de détournements de deniers publics. (…) Ces soi-disant syndicalistes doivent savoir qu’ils ne m’ébranlent pas et je sortirai une par une leurs magouilles », a dit Yakham Mbaye.

Ainsi dire qu’aujourd’hui la gestion dans les médias publics est moins sujette à des problèmes, surtout économiques (un fait que rencontrent le plus souvent la presse privée), est devenue une analyse ambivalente.

Avec cet épisode, le constat montre que beaucoup d’agents de ces organes publics de presse, toujours considérés comme de permanents défenseurs des points de vue du pouvoir en place, s’affichent de plus en plus pour décrier la gestion de leurs boîtes par des directeurs, le plus souvent choisis dans des sphères politiques.

Néanmoins, beaucoup dans les forums (des réseaux sociaux surtout) tentent d’assimiler ces remous orchestrés par des journalistes comme une sorte de surenchère pour amener positivement les décideurs publics à revoir leur situation, vu que le contexte est proche de la prochaine présidentielle, sans compter que plusieurs sphères sociaux sont en permanent mouvement ces derniers temps.

Malgré tout, une grande partie du public continue de réclamer des médias du service public à lui…

C’est-à-dire des médias qui auront une réelle conscience de leur rôle journalistique et qui vont demeurer à équidistance devant les différentes parties, serait-ce l’Etat, dans le traitement de leurs programmes.


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