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Sommet européen: vers une réforme a minima pour la zone euro

Les dirigeants européens approuveront vendredi lors d’un sommet européen à Bruxelles une réforme pour la zone euro, moins ambitieuse que la vaste refonte de l’Union monétaire défendue par la France.

Si ces avancées permettront de renforcer le système financier européen, les idées les plus audacieuses ont été écartées, comme un ministre des Finances de la zone euro, ou la création d’un « Fonds monétaire européen » sur le modèle du Fonds monétaire international.

Le point le plus sensible du texte, qui doit être approuvé dans l’après-midi, sera un accord pour poursuivre les discussions en vue de créer un budget pour la zone euro. Il est prudemment appelé « instrument budgétaire » afin d’apaiser les inquiétudes des pays les plus réticents, Pays-Bas en tête.

Ces mesures sont le fruit de 18 mois de débats entre ministres des Finances de la zone euro, conclues par un compromis arraché après plusieurs heures d’ultimes discussions la semaine passée.

Le président français Emmanuel Macron, affaibli par les violentes protestations des « gilets jaunes », a salué dès jeudi une avancée symbolique vers une Europe plus unie. La France s’est « beaucoup battue », soulignait-il.

« Nos conclusions marqueront une véritable avancée sur le plan bancaire, financier et budgétaire en zone euro, avec une zone euro plus unie », ajoutait M. Macron à son arrivée à Bruxelles.

Selon un projet de conclusions du sommet obtenu par l’AFP, un éventuel budget pour la zone euro, dont le montant reste à déterminer, s’inscrirait dans le cadre du budget de l’UE. Il aurait pour but de faciliter la convergence parmi les 19 pays ayant adopté la monnaie unique.

C’est bien loin du projet de M. Macron. Il souhaitait un budget propre à l’Union monétaire de plusieurs dizaines de milliards d’euros, avec une fonction stabilisatrice pour venir en aide aux pays ayant subi un choc économique.

– « Pas en avant » –

« Oui, ce n’est pas la fin de l’histoire et il n’y a pas 100% du projet. Ce serait mentir de le cacher », reconnait l’Élysée. Mais « il y a six mois, il n’y avait aucun consensus sur un budget de la zone euro (…) Avoir créé un accord politique, c’est déjà bien ».


« Jusqu’à récemment, il y avait toute une série de pays qui rejetaient strictement cette idée », remarque une source gouvernementale allemande. « Si nous parvenons à un accord entre chefs de gouvernement pour (…) y travailler dès maintenant, alors ce sera un grand pas en avant ».

Un accord sur l’extension des responsabilités du Mécanisme européen de stabilité (MES), le pompier des pays de la zone euro qui connaissent de graves problèmes d’endettement, a été bien plus facile à obtenir.

Ce MES se verra doté de nouveaux pouvoirs pour évaluer la situation économique des pays de la zone euro, en coopération avec la Commission.

Il deviendra aussi une sorte de prêteur en dernier ressort pour les banques en grande difficulté.

La plupart de ces réformes avaient été approuvées au préalable par la France et l’Allemagne, moteurs de l’unité européenne, qui représentent près de la moitié de l’économie de la zone euro.

Puis le processus s’est enlisé en raison de l’affaiblissement du gouvernement allemand et de l’irritation de petits États européens. Emmenés par les Néerlandais, ces pays craignaient que l’avenir de l’UE soit dicté par les plus grandes puissances du bloc.

Ils se sont regroupés au sein d’une « Ligue hanséatique » à l’esprit libéral, qui tire son nom de la confédération médiévale des villes marchandes situées près de la mer du Nord et de la mer Baltique.

Ces pays (dont les Baltes, la Finlande et l’Irlande) totalisent à eux tous le même PIB que la France. Leur influence s’est accrue ces derniers mois, avec l’appui discret de Berlin.



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